Le système des retraites tel que nous le connaissons aujourd’hui en a vu le jour en octobre 1945. Il s’agit d’un système basé sur la solidarité intergénérationnelle où les actifs paient pour les , avec en contrepartie l’espoir de recevoir plus tard le même soutien de la part des générations suivantes. Cela signifie que les cotisations versées ne sont pas « mises en épargne » pour être reversées ensuite à la personne qui a cotisé, mais utilisées instantanément pour rémunérer les personnes qui sont déjà à la retraite.

Au début du XXe siècle, un escroc du nom de Charles Ponzi développa au Canada et aux États-Unis une arnaque astucieuse. Il empruntait en promettant des intérêts faramineux, qu’il payait à l’aide de nouveaux emprunts. Tant que les gogos affluèrent, les anciens prêteurs obtinrent sans difficulté intérêt et capital. Mais la combine finit par être éventée, les souscripteurs se raréfièrent, et Ponzi ne put plus payer. C’est ce système qui fut adopté par un autre escroc, Bernard Madoff, jusqu’à sa déconfiture en décembre 2008. Ponzi comme Madoff illustrent une des caractéristiques les plus notables de ce type d’escroquerie : la fuite en avant. Une escroquerie de ce type peut parfaitement fonctionner pendant des années, voire des dizaines d’années et puis se dégonfler comme un ballon de baudruche en seulement quelques semaines.

Les inventeurs du système de retraite par répartition savaient pertinemment qu’ils s’inspiraient du modèle de Ponzi, mais ils pensaient en contourner les risques en rendant l’adhésion obligatoire.

Tant que la démographique et économique étaient là, le système a parfaitement fonctionné. Il a permis à des millions de retraités de jouir d’un train de vie incomparablement supérieur à celui qu’ils auraient pu s’offrir uniquement en capitalisant directement leurs cotisations. Le ver était dans le fruit.

En 1981, Mitterrand abaisse l’âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans, une décision suicidaire que la gauche aveugle qualifie de conquête sociale majeure.

En 1993, avec la droite revenue aux affaires, certains économistes tirent le signal d’alarme et, pour la première fois, on commence à mettre en doute le principe de la répartition. Peine perdue, tétanisés par l’enjeu, pas un seul responsable politique, de gauche comme de droite, n’ose s’approcher du monstre.

Après la financière de 2008, il y a urgence. Le château de cartes menace de s’effondrer. La crise, l’allongement de la durée de vie, l’arrivée à l’âge de la retraite des générations du baby-boom de l’après-guerre… tout arrive en même temps. Du sommet à la base de l’administration, c’est la panique. Pour calmer le jeu, on élabore des scénarios fondés sur les hypothèses les plus optimistes. Fillon est envoyé au front, mais au final, il ne fait que prolonger l’échéance de quelques années. Avec François Hollande, il faut « éviter de passer en force pour ne pas être contraint de reculer ; ne pas brusquer pour ne pas bloquer ». Bref, langue de bois et procrastination sont de rigueur.

La France est le dernier pays d’ occidentale à ne pas connaître un effondrement de sa natalité : on se console comme on peut. La vérité est que cela est dû essentiellement – bien que les autorités se refusent à l’admettre – aux mères issues de l’. L’exception française ne saurait durer. La corrélation entre croissance et natalité fonctionne dans les deux sens. Surtout, l’effet boule de neige est inévitable : une réforme des retraites, même a minima, pèsera sur la croissance et, par ricochet, sur les cotisations sociales entraînant l’effet opposé au but recherché.

Le système de retraite par répartition est condamné à brève échéance, quelles que soient les mesures que prendront les gouvernements futurs. Entre les retraités et les actifs, quelqu’un va devoir supporter une lourde perte, c’est absolument inévitable. Cette fatalité tient à sa nature même : une escroquerie dont l’issue funeste était écrite depuis le début.

11 septembre 2013

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