Le bon sens le plus élémentaire semble avoir déserté nos élites, et en particulier les « pontes » de la « troïka », à savoir la BCE, le FMI et la .

Le slogan de Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus », s’il ne s’est pas montré réellement efficace, pouvait paraître raisonnable. Mais que le FMI ait mis cinq ans pour s’apercevoir — alors que le PIB de la a diminué de plus de 25 % — que la diminution drastique de la production de ce pays avait peu de chances de contribuer au remboursement de sa montre l’aveuglement de ces « élites ».

Dans le même ordre d’idées, le déni de réalité et le choix idéologique d’un modèle que les faits condamnent, le maintien coûte que coûte d’un euro, ou plus exactement d’une zone monétaire (l’eurozone) constituée de pays très différents, tant au niveau de leur puissance économique que de leurs structures sociales, montrent l’aveuglement de nos gouvernants.

Là encore, les faits – des déséquilibres économiques croissants entre les différents pays de la zone euro et un chômage affectant la majorité de ces pays – devraient inciter sinon à remettre en cause, du moins à questionner les tenants et aboutissants de cette de la monnaie unique.

Certes, on peut parfois tenter de faire dire au bon sens le contraire de la vérité. Ainsi en est-il de la question des retraites. On ne peut nier qu’entre le moment où Bismarck avait décidé que l’âge de la retraite serait de 65 ans pour tous les travailleurs de l’Empire allemand et la période actuelle, l’espérance de vie a fortement progressé. Le simple bon sens semble donc justifier que cet allongement de l’espérance de vie doive s’accompagner d’une date de départ à la retraite plus tardive.

Une autre lecture peut cependant se faire, qui repose elle aussi sur des faits incontestables. Non seulement le chômage est important, mais le taux d’activité des « seniors » de plus de 55 ans est extrêmement faible en France, puisque inférieur à 40 % (moins de 20 % entre 60 et 64 ans). Il faudrait donc se demander si le fait d’exiger des seniors de se remettre au travail a un sens, puisque l’accès aux emplois semble si compliqué pour l’ensemble de la population « activable », en particulier celle des .

De fait, la question des retraites, comme celle du pouvoir d’achat, devrait être posée différemment. Le niveau des retraites, comme celui du pouvoir d’achat, est directement lié à la richesse produite. Ces deux niveaux augmenteront si la population « active » produit davantage, et donc s’il y a, soit plus d’emplois, à productivité égale, soit autant d’emplois, avec une meilleure productivité.

Personne n’a encore montré que ce serait le cas si l’on exigeait, par la loi, que l’ensemble des seniors retardent leur départ à la retraite. Cela peut être vrai pour certaines catégories de seniors, du fait de leur expérience ou de leurs compétences professionnelles, mais cela n’est sans doute pas le cas pour tous. Là encore, le bon sens doit s’appuyer sur des faits, ce qui exigerait sans doute de la part de nos élites moins d’idéologie et plus de pragmatisme.

22 juillet 2013

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