Le coronavirus fait des ravages. Dans les poumons, certes, mais aussi dans les têtes. À se demander s’il ne fait pas des trous dans le cerveau comme les vers dans le fromage. Les éminences scientifiques qui défilent à longueur de temps devant les caméras et les micros nous en offrent, chaque jour, l’illustration : le virus leur chamboule la cervelle.

Dans cette foire aux idées qu’est devenue la science médicale, une figure a émergé, hier, chez nos voisins belges. Elle s’appelle Frédérique Jacobs, est chef du service infectiologie à l’hôpital Érasme de Bruxelles.

J’aime les Belges pour leur loufoquerie, leur génie surréaliste, leurs peintres déjantés et leurs auteurs de BD. Mme Jacobs est très belge, officiant qui plus est sous le parrainage du grand humaniste connu pour son Éloge de la folie. Elle a donc eu une idée très belge en proposant, sur le plateau de l’émission « Question en prime » à laquelle elle était invitée, de reporter les fêtes de Noël en juillet.

Notez, ça se comprend. Il ne faut pas décourager les gens plus que nécessaire. Il faut leur laisser une petite lueur d’espoir au-dessus du masque, une guirlande scintillante au bout du tunnel…

« Les fêtes de fin d’année, c’est un moment particulier que tout le monde adore, il ne faut pas se le cacher », dit la dame avec justesse. Hélas, la bête est sournoise et attend, tapie dans l’ombre, la ruée autour de la dinde et sous le sapin. Et si la population survit à ses assauts, les hôpitaux, eux, ne s’en relèveront pas. « Il faut désormais surtout sauver le système de santé. Les hôpitaux sont complètement noyés. Il n’y a pratiquement plus moyen d’hospitaliser. Si la courbe continue comme on le voit actuellement, on sera vraiment à saturation », prédit Mme Jacobs. Et là, « faire les fêtes de fin d’année telles qu’on les fait habituellement, c’est dangereux. Avec des rassemblements de toute la famille où l’on mange, on boit, on s’amuse, on donne des cadeaux, on s’embrasse parce que c’est Noël ou la Nouvelle Année. C’est le genre d’endroit où le virus adore se répartir. Les fêtes de famille sont particulièrement dangereuses. »

Vrai. Mais que faire, alors ? Frédérique Jacobs a la solution : « Il faudra penser à reporter les fêtes de fin d’année en juillet-août, quand il fait beau. Là, vous pourrez faire une grande fête dans votre jardin. Je pense qu’il va falloir beaucoup d’imagination pour ne pas faire des fêtes comme chaque année et trouver autre chose à faire en respectant les mesures. »

Avec le reconfinement qui s’annonce, on va pouvoir y réfléchir. Imaginer, par exemple, de coupler Noël avec le 14 Juillet, ce qui permettrait des économies aux armées. On réquisitionne les costumes de père Noël pour nos soldats, on pose des guirlandes sur les chars et des étoiles au bout des canons, on transforme l’échelle des pompiers en sapin de Noël, chose qui aurait l’avantage, qui plus est, de satisfaire les écologistes.

Amis Français, il ne faut désespérer, l’avenir est plein de fantaisie et de promesses. De ce grand chamboule-tout émergera un nouveau monde, c’est certain : Noël en juillet, le Nouvel An en août, les Jeux olympiques de 2020 en 2021, ceux de 2024 à la Saint-Glinglin, chacun chez soi et les vaches folles seront bien gardées…

Et pour le suicide généralisé, on connaît la date ?

28 octobre 2020

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