Document - Editoriaux - Politique - Sciences - Table - Tribune - 15 mars 2016

Réponse à Yehezkel Ben-Ari au sujet de la fondation Lejeune et de Boulevard Voltaire

Une tribune de Jean-Marie Le Méné publiée en décembre 2014 sur Boulevard Voltaire au sujet du Planning familial a poussé un neurobiologiste, membre de l’INSERM, à lui répondre par l’intermédiaire d’une chronique parue le 22 février dans le quotidien économique Les Échos. Cette chronique s’en prenait à la fondation Jérôme-Lejeune, à son président et également à Boulevard Voltaire. Ce texte, d’une rare violence, emprunt d’idéologie, véhiculait des informations totalement orientées et fausses. Pour rétablir la vérité, Boulevard Voltaire a décidé de publier ici la tribune de Jean-Marie Le Méné. La fondation Jérôme-Lejeune va porter plainte pour diffamation contre le neurobiologiste et contre le journal Les Échos.

En quoi la réputation du neurobiologiste Yehezkel Ben-Ari serait-elle plus respectable que celle du président de la fondation Jérôme-Lejeune ? Dans sa chronique des Échos du 22 février 2016, ce scientifique m’accuse d’avoir soutenu la candidate du Front national en PACA par un appel que j’aurais lancé sur le site « fort peu républicain » Boulevard Voltaire dont je serais l’éditeur. Ce réquisitoire est plusieurs fois mensonger.

D’abord, je n’ai jamais lancé d’appel à soutenir qui que ce soit en politique. De plus, ma tribune a été publiée le 15 décembre 2015, deux jours après le second tour des élections régionales. Cette tribune ne pouvait donc pas soutenir une candidate qui ne l’était plus.

Mon texte, solidement documenté, avait pour but de s’interroger sur l’opportunité de contrôler le Planning familial, financé par subventions publiques, et sur le traitement de faveur que l’ensemble de la classe politique lui réserve depuis soixante ans.

Ensuite, je n’ai jamais été l’éditeur du site Boulevard Voltaire, me contentant d’être un contributeur occasionnel. Quant à considérer que le site, lancé par les journalistes Dominique Jamet et Robert Ménard, dont le second est un élu de la République, serait « fort peu républicain », c’est une proposition non démontrée qui n’a d’autre but que la malveillance. Enfin, après m’avoir prêté des « positions politiques extrémistes » (lesquelles ?) qui « s’inscrivent en faux contre la loi » (en quoi ?), M. Ben-Ari suggère impunément que la fondation que je préside usurperait sa reconnaissance d’utilité publique.

Mais celui-ci ne se contente pas de divulguer des propos mensongers, il distribue aussi des leçons de morale sur les relations entre la science et la politique, qu’il conviendrait de ne pas « mélanger allègrement », ce qui ne manque pas de sel venant de sa part. Car, enfin, qui appelle à voter pour Ségolène Royal, « contre une droite d’arrogance », pour « une gauche d’espérance », dans Le Nouvel Observateur du 1er mars 2007 ? M. Ben-Ari. Qui appelle à voter pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle dans L’Humanité du 18 avril 2012 ? Encore M. Ben-Ari.

Il y a mieux. Emporté par son élan, celui-ci n’hésite pas à me comparer au stalinien Lyssenko. Une diffamation d’autant plus scandaleuse que ce sont des intellectuels de cette gauche dont se revendique M. Ben-Ari qui se sont laissés séduire par les aberrations lyssenkistes, tandis que le Pr. Jérôme Lejeune, notamment dans une conférence donnée à l’invitation de l’Académie des sciences à Moscou, faisait partie de ceux qui les ont remises en cause. M. Ben-Ari se discrédite mais il signe comme directeur émérite à l’INSERM. On attend que l’INSERM dénonce ce fameux « mélange de genres préjudiciable aux scientifiques ainsi pris en otage » que le neurobiologiste reproche volontiers aux autres mais dont il s’accommode si bien.

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