Editoriaux - Education - Santé - 25 juin 2019

Rentrée des classes pleinement inclusive en 2019

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, et Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, ont présenté, ce mardi 11 juin, plusieurs mesures pour une « rentrée pleinement inclusive en 2019 ». Parmi elles : la généralisation des PIAL (pôles inclusifs d’accompagnement localisés) qui géreront, à l’échelle d’un ou plusieurs établissements, l’affectation des AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap).

L’école est une chance à laquelle tous les enfants doivent pouvoir prétendre. La loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » du 11 février 2005 avait affirmé ce droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile, à un parcours scolaire continu et adapté.

Aujourd’hui, 340.000 enfants handicapés sont scolarisés en milieu ordinaire ; c’est trois fois plus qu’en 2006. Personne ne peut, alors, contester que le gouvernement a fait, en la matière, le choix de mesures importantes permettant cette intégration scolaire, parmi lesquelles une meilleure formation des enseignants et des créations d’ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire).

Chacun est au fait de la nécessité notamment de veiller à ce que les élèves soient mieux accompagnés pendant le temps scolaire et qu’ils sortent de l’école avec un diplôme. La question du faible niveau de qualification (83 % des handicapés ont une qualification inférieure ou égale au BEP) est absolument centrale dans la problématique de l’accès à l’emploi de ces personnes en situation de handicap.

L’enjeu, aujourd’hui, c’est d’aller encore plus loin en garantissant une éducation, une scolarité et une formation de qualité à tous les enfants et à tous les jeunes en situation de handicap, pour leur permettre de vivre comme tout un chacun, d’être intégré dans une dynamique d’ensemble avec des jeunes de leur âge.

Le projet du gouvernement, en la matière, repose quasi exclusivement sur la création de PIAL. Ces pôles seront en charge, au sein de l’école, de coordonner les accompagnements spécifiques, notamment l’affectation des AESH.

Le gouvernement, qui voit midi à sa porte, met en avant la meilleure flexibilité organisationnelle que permettra le PIAL. Ce qu’il dit moins, c’est que ce dispositif risque fort d’aboutir à une mutualisation contrainte des moyens humains. Ainsi, un PIAL disposerait d’un nombre déterminé d’AESH qu’il répartirait entre les élèves en fonction du temps de travail global dont il dispose plutôt que des besoins réels des enfants.

À l’évidence, ce nouveau dispositif fait l’affaire du ministère de l’Éducation nationale, notamment en termes d’économies budgétaires, mais certainement pas celle des enfants. Il y a un risque réel, en effet, qu’un enfant ayant besoin d’une dizaine d’heures d’accompagnement se retrouve avec seulement la moitié à l’arrivée et ne parvienne pas à suivre correctement une grande partie de sa scolarité.

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