Editoriaux - Justice - Religion - 18 septembre 2014

Relaxe pour une cathédrale, prison ferme pour une mosquée !

Les pratiquants de Dzaoudzi ont bien commencé leur année, accueillis par une tête de porc placée à l’entrée de leur mosquée le 1er janvier dernier.

Les responsables de cette courtoisie animalière ? Deux femmes de gendarme et l’époux de l’une d’entre elles qui avaient décidé de fêter à leur manière le réveillon. Suite à un pari, l’hôtesse de la soirée organisée en l’honneur de la fin d’année avait fourni au couple la tête du malheureux animal. Avec le degré d’alcoolémie que l’on imagine, les trois fêtards n’ont donc rien trouvé de mieux à faire que de déposer le « trophée » devant la mosquée de la commune de… Labattoir – comme quoi, si l’alcool rend bête, il donne un certain sens de l’humour.

Cet acte d’une stupidité certaine n’avait étonnamment pas amusé les Mahorais, à 90 % musulmans, et le 16 septembre, le tribunal de Mamoudzou a condamné les deux femmes à neuf mois de prison (dont trois mois ferme). Quant au mari, accusé seulement de complicité pour avoir conduit la voiture, il écope de six mois avec sursis. Outre ces peines, les trois plaisantins sont tenus d’indemniser l’association de la mosquée, qui s’est constituée partie civile dans l’affaire, de la coquette somme de 16.000 euros et à verser 3.000 euros d’amende chacun.

Si la bêtise est condamnable, cette sentence paraît démesurée pour un pari exécuté manifestement en état d’ébriété, lors d’une soirée où, disons-le, les actes stupides sont légion. Dans un état qui défend si farouchement sa fameuse laïcité, bien souvent à tort et à travers, on peut d’ailleurs s’étonner que la mairie de la commune ait réclamé 150.000 euros d’indemnisation – demande, heureusement, jugée irrecevable.

La disproportion de la peine est flagrante à la lumière d’un autre procès récent : celui des Femen. En février 2013, ces dépoitraillées désœuvrées avaient tapé sur les cloches de Notre-Dame de Paris en braillant “Pope No More!”, et furent alors poursuivies pour de simples « dégradations dans un lieu de culte en réunion » par l’avocat de la partie civile. Une plainte inadaptée et pas forcément facile à prouver. Résultat ? Relaxées.

Et pourtant, le motif d’inculpation aurait clairement dû être le même que pour le procès de Mayotte : « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Les Femen se sont d’ailleurs déclarées ravies de l’issue du procès et ont indiqué leur intention de revenir très vite à la cathédrale… Cet exemple médiatisé n’en est qu’un parmi les autres qui forment la longue liste des actes de christianophobie de notre pays et qui sont l’objet d’une étonnante clémence de la « justice » française.

On attend donc avec impatience, le 15 octobre prochain, l’issue du procès de la Femen qui avait mimé, en 2013, l’avortement du Christ dans l’église de la Madeleine en guise de cadeau de

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