Que ce soit sous le nom d’Al-Qaïda, de ou d’un califat fantôme en voie de réanimation, le terrorisme est sans trêve à la manœuvre. Il fait désormais partie de notre quotidien. De nos jours, le terrorisme s’est multiplié et modernisé. Il était sélectif. Il est devenu universel. Il était ciblé. Il est devenu aveugle. Il frappe de tous temps, en tous lieux, le plus souvent par surprise, sous les prétextes les plus divers.

Pour simplifier grossièrement, en dehors de l’Afghanistan et du Pakistan, le terrorisme intéresse principalement quatre zones : l’Europe, les États-Unis, l’Afrique et le Moyen-Orient. Le terrorisme revêt, certes, des formes variées selon le lieu, avec, cependant, une constante : c’est toujours l’islam qui est à la manœuvre.

Le Moyen-Orient est devenu le « terrain de jeu » par excellence du terrorisme, qui y trouve toutes les raisons du monde (conflits entre États, entre tribus, entre clans, entre religions) de s’adonner librement à son sport favori. Un facteur dominant, néanmoins, est la rivalité millénaire entre l’islam chiite – celui de l’Iran – et l’islam sunnite – représenté par l’Arabie saoudite et une kyrielle de petits États secondaires.

Dans ce cadre régional, le terrain de jeu favori du terrorisme est occupé, au centre, par trois pays structurellement instables et turbulents : le , l’Irak, la (le Liban précédemment), avec, aux extrémités du périmètre ainsi défini, la Somalie des chebabs et l’Afghanistan des talibans. L’objectif de ces mouvements terroristes est de tenter, à coups d’attentats et de massacres, de déstabiliser encore davantage des structures étatiques encore faibles et flageolantes. En conséquence, faute d’États solides, stables et structurés capables de mettre en œuvre une bonne gouvernance, le Moyen-Orient n’a pas été en mesure, depuis 1945, d’instaurer un ordre étatique stable.

De ce fait, le Moyen-Orient accumule au fil des années un déficit culturel qui paraît de plus en plus difficile à combler en termes d’éducation, d’apprentissage des libertés et d’amélioration de la . Une étrangère ne se bâtit pas à coups de bons sentiments ni de morale bourgeoise. Un doigt de cynisme teinté d’un soupçon de réalisme ne messied pas. La triste leçon des trente dernières années est que le meilleur rempart contre le fanatisme religieux et le terrorisme qui lui est étroitement associé sont ces tyrans, laïques ou non, disparus ou toujours en place : Saddam Hussein en Irak, Kadhafi en Libye, Bachar el-Assad en Syrie.

Il faut s’y résigner : à l’image de l’Occident, dans ses vertus et ses faiblesses, n’est pas pour demain.

10 avril 2015

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