Editoriaux - Education - Politique - Société - 21 octobre 2015

Réforme de la carte scolaire, ou l’art de tordre la réalité

Lorsqu’il s’agit de lubies égalitaristes, la gauche n’est jamais à court d’idées. La dernière en date concerne une énième réforme de la carte scolaire. La logique qui sous-tend cette réforme ? Il n’y aurait pas assez de mixité dans l’école de la République. À une zone d’habitation ne devrait plus correspondre un collège, mais plusieurs, où les élèves seraient « placés » d’autorité par l’académie en fonction de critères sociaux (le mot « race » étant interdit, il faut bien trouver un mot équivalent en novlangue).

Comment ça ? Les Français refuseraient donc le « vivre ensemble » ? Alors que toute la propagande médiatique nous vante ses vertus sur tous les tons et toutes les ondes ? Si Mme Belkacem semble vivre dans la théorie, le principe de réalité est têtu. De très nombreux parents d’élèves contournent la carte scolaire, mentent sur leur adresse ou utilisent celle d’un parent ou, pour ceux qui en ont les moyens, mettent leurs enfants dans le privé.

« Qu’à cela ne tienne ! » répond Mme le ministre. Si la réalité ne cadre pas avec la théorie, l’État socialiste, dans une pratique du pouvoir qui n’est pas sans rappeler une certaine forme de totalitarisme, va tenter de tordre la réalité pour l’obliger à rentrer dans son moule idéologique.

Or, bien souvent, la « mixité » entraîne un nivellement par le bas. Car mettre dans la même classe des élèves « en difficulté », c’est-à-dire qui n’ont ni l’autonomie suffisante ni l’aide nécessaire dans l’entourage familial pour maîtriser les savoirs fondamentaux, avec des élèves qui, eux, n’ont aucun problème particulier oblige l’enseignant consciencieux à consacrer plus de temps aux élèves les moins bons. Sans parler du fait que, bien souvent, la moitié du cours est consacré à faire régner le calme…

L’aveuglement idéologique de cette gauche hors-sol a quelque chose de criminel. Car, enfin, quel va être le résultat d’une telle politique si ce n’est l’augmentation du nombre d’enfants inscrits dans le privé, et par conséquent la perte de revenus d’une partie de la classe moyenne, qui croule déjà sous le poids d’une fiscalité confiscatoire ? Ce qui est certain, en revanche, c’est que le niveau scolaire de nos élèves ne va pas progresser d’un iota.

Pour cela, un début de solution serait de rétablir la méritocratie républicaine, avec des classes par niveau où chaque élève, quelles que soient ses origines, serait orienté en fonction de ses mérites propres et non en fonction de la « classes sociale » de ses parents. Et, bien sûr, on ne le répétera jamais assez, il faut supprimer le collège unique.

Enfin, peut-être faut-il également prendre la problématique dans l’autre sens ? Et si le problème n’était pas le manque de « mixité » à l’école, mais plutôt la surabondance de « mixité » ailleurs – dans la société, par exemple ?

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