L’ancien premier ministre de Jacques Chirac, était le 10 mai dernier au Palais des Congrès. Après l’éducation et la sécurité, le candidat à la primaire de la droite et du centre présentait son projet économique devant un petit millier de personnes, des sympathisants et des chefs d’entreprises. Ainsi M. Juppé s’engage notamment à tailler dans les dépenses publiques, en réalisant entre 85 et 100 milliards d’économies. Pas moins.

Espérons que le maire de Bordeaux est bien conscient du fait qu’en cherchant à atténuer la dette par une réduction brutale du déficit public, à long terme on aura l’effet inverse de celui escompté. Parce que cette atténuation va tout simplement détruire encore plus la croissance, restreindre les recettes, détourner l’investissement, accroître l’épargne privée et donc par voix de conséquence fatalement accentuer les déficits.

La France est un pays dont l’épargne est élevée, la consommation plutôt faible, la main-d’œuvre sous-employée et le taux de croissance largement inférieur à son potentiel. Et donc en vérité, contrairement à ce que l’on entend souvent, nous ne vivons pas aux dessus de nos moyens mais bel et bien en dessous. La crise que connaît actuellement notre pays n’est pas due à l’endettement de l’État mais au faible taux croissance et au chômage de masse. Voila les deux principales causes des déficits.

On n’allégera pas de façon durable la dette, s’en enrayer les dépenses inutiles de fonctionnement et accroître les investissements. On amplifiera pas notre potentiel de croissance si l’on ne réorganise pas les dépenses publiques. Les dépenses improductives doivent êtres réduites et la productivité des services accrue. Diminuons celles qui ont vocation à satisfaire les lobbies et accentuons l’investissement public là où la France est en retard (recherche, université, etc.).

Pour s’en convaincre nul besoin de sortir d’une grande école de la République. Il suffit d’observer qui nous entoure, de regarder ce qui se fait ou s’est déjà fait ailleurs. Qu’a fait l’ancien premier ministre travailliste du Royaume Uni Tony Blair, si ce n’est combiner effort de productivité dans les administrations et politique de relance spécifiquement keynésienne ? Résultats des courses en 2006 son pays était à 2,9% de croissance.

Nous ne parviendrons pas à stabiliser nos finances publiques si nous ne reconstituons pas une croissance forte qui engendrera de plus grandes recettes fiscales.

16 mai 2016

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