Depuis deux jours, la gauche se déchire sur l’expulsion de la jeune Kosovare. Manuel Valls est très critiqué. Certains, au PS, réclament même sa démission. Qu’en pensez-vous ?

Que, s’il tient bon, le NON pourra lui donner une carte de membre d’honneur, malgré tous ses affreux péchés (à commencer par ses projets de naturalisations de masse).

La politique d’ est mise en accusation… pour son côté prétendument “inhumain”. Que faut-il faire, selon vous ?

Il faut à tout prix, pour notre bord, récupérer la morale. Elle n’est pas de leur côté, elle est du nôtre. On peut leur laisser en échange la sensiblerie niaiseuse, qui est à la morale ce que Vanessa Paradis est à Beethoven.

Je le répète depuis toujours, la morale ce n’est pas, ou ce n’est que très rarement, un choix entre le bien et le mal. C’est bien plus souvent un choix entre deux biens, ou entre deux maux, qu’il faut peser avec soin. Et cette évaluation morale ne peut pas être soumise uniquement à des critères de sensibilité à fleur de peau, sans réflexion sur le principe et sur les conséquences de nos actions. Comme le dit très justement Jean-Pierre Chevènement — un autre qui devrait rejoindre le NON… —, « nous vivons sous la dictature de l’émotion ». Il est infiniment moins grave, moralement, de renvoyer une jeune fille dans son pays avec sa famille que de contribuer par lâcheté, par conformisme, par esprit de collaboration au pire, par amitié pour le désastre, à l’établissement et au renforcement d’une société de la violence quotidienne, de la nocence généralisée, de l’hébétude, où la morale, pour le coup, est bafouée sur tous les trottoirs et dans toutes les cages d’escalier, sans parler des tribunaux et des salles de rédaction.

La morale — comme le style, comme la syntaxe, comme la courtoisie, comme la civilisation, comme la dentisterie, comme la vaccination —, c’est souvent un détour, un bref passage par le contraire de l’effet recherché, une petite douleur pour en éviter une grande. Et vraiment, arracher qui que ce soit à notre Éducation nationale, dans l’état où elle est, ce n’est pas commettre une grande cruauté. On doute qu’au Kosovo l’école soit bien pire… Mais les remplacistes, tout occupés qu’ils sont à faire tourner leur usine à malheur, le Grand Remplacement, jouent sans scrupule sur des analogies obscènes, et voudraient nous faire croire que Mlle Leonarda est une enfant d’Izieu, ou peu s’en faut, et Manuel Valls un mélange de Laval, de Papon et de René Bousquet. C’est nous prendre pour des imbéciles mais c’est surtout insulter le souvenir des tragédies véritables.

On a entendu des députés dire que la loi, c’est bien, mais que, au-dessus de la loi, il y a les valeurs républicaines. N’est-ce pas une porte ouverte à tous les abus ?

Non seulement la loi est dérisoirement insuffisante à mettre un terme à la colonisation en cours mais, en plus, les rares dispositions juridiques qui pourraient constituer un frein à la substitution ethnique sont considérées par les deux pouvoirs remplacistes — le médiatique et le politique — comme purement symboliques, des survivances sans poids face à la seule urgence morale qui tienne à leurs yeux, le changement de peuple et de civilisation. C’est un peu comme les tourniquets du métro : si vous avez les jambes assez souples et les bras assez forts pour passer par-dessus, ça ne vous concerne pas, c’est uniquement pour les cochons de payants.

La jeune Leonarda, interviewée par des médias français, a évoqué son retour au Kosovo : “Ce n’est pas comme en France, il n’y a personne pour nous aider. On est comme les clochards. On a dormi sur un banc […].” La solution est-elle dans la suppression des aides allouées aux clandestins en France ?

Absolument. Ce n’est pas toute la solution, loin de là, mais c’est la première mesure à prendre. L’Europe tient d’une main une corne d’abondance et de l’autre un martinet. C’est absurde.

18 octobre 2013

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