Pendant que son Premier ministre se ruinait la santé et s’usait les nerfs pour tenter d’enrayer la Bérézina électorale, notre rondouillard Président faisait le joli cœur dans les provinces. Son équipe de communicants, ces « trentas hyperactifs et surdoués » comme l’écrivait L’Obs voilà deux mois, le lui a dit : il faut adopter la « cool attitude ». Aller voir “les gens” avec ou sans dents, sourire benoîtement sur leurs selfies, partager les tweets et le saucisson, fréquenter les kermesses de paroisse et les plateaux télé.

C’est ainsi que le 27 mars dernier, d’avoir l’air de mettre les mains dans le cambouis, François Hollande rendait visite aux ouvriers de l’usine de PSA Trémery, près de Metz. Juste à côté des bureaux d’Écomouv’, l’entreprise qui aurait dû gérer la collecte de l’écotaxe, ce fleuron de notre politique environnementale. Et le Président réjoui d’annoncer, le jabot tout gonflé par cette bonne nouvelle, la création de 100 à 150 emplois sur une plate-forme mise en place par Pôle emploi « sur le site d’Écomouv’, installé dans l’ancienne base aérienne 128, près de Metz ». Et le président de la communauté d’agglomération, l’UDI Jean-Luc Bohl, d’enchaîner : « Cette plate-forme sera opérée par le groupe Arvato qui se chargera de recruter en priorité des anciens salariés d’Ecomouv’. »

Grande et bonne nouvelle, donc, sauf que… explique ce mercredi matin Le Parisien, rapportant l’affaire. Sauf que l’appel d’offre ouvert par Pôle emploi concernant « les prestations d’appui à distance, centré sur le traitement des demandes d’inscriptions des demandeurs d’emploi » expirait le 30 mars à midi. Soit trois jours après l’annonce du Président. Ce qui tendrait à prouver que la société Arvato avait été choisie en amont, au mépris de la loi sur les marchés publics. Bref, les fanfaronnades pourraient avoir pour conséquence de casser l’appel d’offres si des sociétés candidates décidaient d’intenter un recours. Quant à François Hollande, il pourrait tout bêtement être soupçonné de délit de favoritisme.

Si cela devait advenir, cela pourrait simplement empêcher « les anciens salariés d’Écomouv’ de bénéficier rapidement du reclassement ». Ce ne serait qu’un épisode de plus dans ce fiasco monumental qui aura ruiné tout à la fois les Français et la crédibilité d’un gouvernement qui se voulait champion de la « verte attitude ».

Suite à la résiliation par l’État français de son contrat avec Écomouv’, un accord a été signé fin décembre entre les partenaires. Il prévoit le versement immédiat de 403 millions d’euros d’indemnités pour rupture de contrat, à quoi s’ajouteront une quarantaine de millions d’euros par an pendant dix ans, correspondant à des dettes bancaires souscrites lors de la mise en place de la structure, et donc reprises par l’État. Si les boîtiers installés dans les poids lourds ont été repris par Écomouv’, les portiques installés à grands frais sur le réseau routier français reviennent à l’État, qui en est propriétaire. Reste à leur trouver une réaffectation…

Bref, Écomouv’ est pour l’instant un bide à 800 millions d’euros, mais qui pourrait bien augmenter dans l’avenir car cela ne constitue qu’un « dédommagement » face au manque à gagner sur l’exploitation de l’écotaxe initialement prévue dans le contrat, soit un total de… 2,5 milliards d’euros. Quant au bilan , il était de 200 salariés au tapis fin décembre. François Hollande vient de les mettre KO pour le compte.

1 avril 2015

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