Les salons officiels de l’aéroport de La Havane, baptisé du nom de José Martí, grande figure de l’indépendance cubaine qu’on surnomme l’Apôtre, auront été le théâtre d’événements historiques en l’espace de quelques semaines.

Le 12 février dernier, c’était la rencontre historique entre le chef de l’Église catholique apostolique romaine, le pape François, et Cyrille, le patriarche de l’Église orthodoxe russe. Première rencontre depuis le schisme de 1054 entre ces deux Églises. Cette rencontre fut suivie les 21 et 22 mars de la visite de Barack Obama, premier président américain à fouler le sol cubain depuis 1928. Sa première entrevue a été avec le cardinal Jaime Ortega, un des personnages clefs de ce rapprochement spectaculaire entre et les États-Unis d’.

Ces événements successifs soulignent l’incontestable proximité désormais entre le pouvoir castriste et son interlocuteur privilégié, l’Église catholique. Depuis la visite de Jean-Paul II, en 1998, la grande île cubaine aura reçu ses deux successeurs : Benoît XVI en 2012 et François en 2015. Et le pouvoir, si certains en doutaient encore, de l’homme clef de Cuba : .

Lorsque Raúl Castro succéda officiellement le 19 avril 2011 à son frère Fidel, les observateurs avaient souligné le peu de charisme et l’absence totale de talent d’orateur de celui qui était surnommé le Líder Mínimo.

Analyse un peu rapide et sommaire de ceux qui connaissent mal la réalité cubaine. L’actuel président cubain est l’homme fort de la grande île des Caraïbes. Ses qualités – pragmatisme, fidélité à ses engagements et à ses amis, patience et maîtrise totale de l’appareil politique – ont évité le naufrage du bateau cubain. Ancien patron des Forces armées révolutionnaires, Raúl Castro a su, depuis plusieurs années, placer dans tous les rouages de l’État ses hommes, pour la plupart des militaires ou anciens militaires, en éliminant progressivement les soutiens inconditionnels de Fidel Castro.

Car à Cuba, c’est toujours l’armée qui contrôle politiquement, socialement et économiquement le pays. La situation économique est catastrophique et il est juste de souligner que l’embargo ne fait que l’aggraver. Au slogan très longtemps affiché, répété, inculqué dès le plus jeune âge : Siempre se puede más (On peut toujours plus) s’est substitué et murmuré avec dérision le refrain populaire No se puede más ! (On n’en peut plus !).

Et il faut reconnaître aux dirigeants cubains une incontestable capacité d’adaptation, mais que ceux qui pensent que l’ouverture à une certaine économie de marché va démocratiser en profondeur le pays se trompent…

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