La propagande de ne m’attire pas, en règle générale. J’ai peu de goût pour les dictatures latino-américaines, celles des Alcazar, Tapioca ou des frères Castro.

Mon attention a été attirée par une “perle” prononcée récemment par : « Gardons présent à l’esprit le principe que pour distribuer la richesse, il faut d’abord la créer et pour cela nous devons augmenter l’efficacité et la productivité » (ma traduction).

Vous avez bien lu ! Raúl Castro découvre les lois de l’économie. Lui qui, dans l’ombre de son frère aîné – mais avec le pouvoir de Fidel – a pendant 55 ans détruit méthodiquement la richesse de Cuba réalise qu’il faut créer celle-ci pour pouvoir ensuite la distribuer. Voilà un discours révolutionnaire ! Je suis allé vérifier : il s’agit du « Discours de clôture prononcé par le général Raúl Castro, premier secrétaire du comité central du Parti communiste cubain et président du Conseil d’État et du Conseil des ministres au XXe Congrès du Syndicat des travailleurs de Cuba (CTC), le 22 février 2014, année 56 de la Révolution ».

Dans ce discours, Raúl Castro reconnaît que la question du système salarial est « sensible et complexe » : « Je suis d’accord avec vous, ajoute-t-il, pour constater que l’actuel système ne correspond pas aux principes de la distribution socialiste – à chacun selon ses besoins, à chacun selon son travail – et ne garantit pas au travailleur qu’il reçoive en fonction de ce qu’il apporte à la société. »

Raúl, formé au marxisme, s’exprime avec la même prose pesante, mais il en est resté, semble-t-il, au cours introductif à l’économie. En lisant ce discours, j’ai pensé au sketch de Romain Bouteille et son équipe du Café de la Gare, dans les années 1970, « Du travail, plus de samba », à propos de Cuba, justement.

« Il est certain, avoue Raúl, que le salaire ne suffit pas aux besoins du travailleur et de sa famille, ce qui le démotive et lui donne de l’apathie au travail… N’oublions pas que les retraites sont réduites et insuffisantes face au coût de la vie. »

Voilà le résultat de 55 ans de révolution socialiste à Cuba ! Et ce sont les frères Castro qui le disent, parce que Raúl parle avec l’aval de Fidel.

Le comble du cynisme semble atteint lorsque Raúl déclare qu’il ne faut pas donner de fausses espérances à la population, « car si le salaire augmente plus vite que la production de biens et services, les effets sur l’économie et sur le peuple seront fatals, en augmentant la dette extérieure et en créant de l’inflation qui détruira le pouvoir d’achat ». Mais il vient de nous dire que le pouvoir d’achat est déjà insuffisant !

Alors, Raúl Castro annonce qu’il va attirer les investissements étrangers à Cuba, comme François Hollande veut le faire en France ; une loi sera soumise à l’Assemblée de La Havane en mars.

En France, le Président et son gouvernement devraient savoir que « pour distribuer la richesse, il faut d’abord la créer, » mais ils ont décidé d’abord d’augmenter les impôts pour distribuer la richesse ainsi confisquée, ce qui – les mêmes causes produisant les mêmes effets – va appauvrir les Français.

Faut-il parler, en France, de cynisme, d’incompétence ou de naïveté ?

26 février 2014

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