Selon les commentaires d’un CSA, les Français n’auraient pas le moral. Ils sont tout simplement lucides sur le déclin de leur pays. S’ils ne se trompent guère sur le diagnostic, peut-être, en revanche, n’ont-ils pas les idées claires sur la thérapeutique. 73 % constatent le déclin. 77 % ciblent l’aggravation des inégalités. Ils accusent en premier lieu les politiciens : pour 75 % d’entre eux, les partis ont une image négative, pour 50 %, le Parlement aussi et 88 % considèrent que les gouvernants ne s’intéressent pas à eux. Leur jugement est également défavorable à l’encontre des syndicats (52 %) et des médias (49 %).

L’enquête de l’OCDE, « Programme international pour le suivi des acquis des élèves » (PISA), réalisée à nouveau en 2012, sur 65 pays cette fois, fournit un éclairage intéressant sur ce sondage. La France recule à la 25e place. La détérioration de ses résultats en mathématiques (18e, 5 places perdues) est alarmante. La comparaison est sévère : la France est le pays qui connaît la plus grande inégalité dans les résultats scolaires. Le niveau se maintient en haut et s’effondre en bas. Elle continue à baisser parce qu’elle n’a pas su procéder aux réformes nécessaires alors que des pays humiliés par les résultats de 2001, comme la ou l’Allemagne, ont nettement depuis remonté la pente.

prend ces résultats pour une aubaine, la justification des réformes qu’il souhaite, alors que l’enquête, réalisée en 2012, et qui souligne un décrochage amorcé en 2006, accuse davantage la de ses prédécesseurs. Ce n’est pas si simple. D’abord, ce ne sont pas les ministres, de « droite » ou de gauche, qui pilotent l’Éducation nationale, mais les syndicats, qui eux sont toujours de gauche. En second lieu, s’agit-il d’un problème de moyens humains ou matériels ? Pendant des années, ceux-ci ont été accrus sans résultat. La limitation des dépenses, toute relative, sous Sarkozy, ne peut expliquer la baisse des résultats d’élèves de 15 ans en 2012.

Un rapport de la Cour des comptes, publié en mai 2013, met en cause « la capacité du système scolaire français à assurer la réussite de tous les élèves, médiocre, comparée à celle des autres pays développés » et, constatant l’absence de lien entre dépense et résultat, appelle des mesures qualitatives et non quantitatives. Ce ne sont pas les 60.000 enseignants de plus, ou les heures périscolaires laborieusement mises en place par les communes, qui résoudront le problème. Lorsqu’on regarde les écoliers studieux et souvent en uniforme de Shanghai ou de Singapour, en tête du classement, on se dit qu’une population stable, sinon homogène, des familles solides plutôt qu’éclatées, une autorité reconnue et une discipline exercée sont les véritables causes du succès. Mais dans cette perspective, ce n’est plus de réformes, mais d’une révolution que la France a besoin.

6 décembre 2013

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