L’ancien garde des Sceaux de , Robert Badinter, vient de remettre au Premier ministre Manuel Valls un rapport qui dégage les « principes essentiels » sur lesquels s’appuiera le nouveau Code du travail dont la refonte est prévue d’ici à fin 2017. Je respecte bien entendu l’homme dont personne, je crois, ne contestera le discernement. Pour autant, dans le cas présent, je crois qu’il sert surtout de contre-feu à l’attentisme d’un gouvernement incapable d’affronter les vraies réformes.

Le président de la République François Hollande a fait de l’inversion de la courbe du chômage une condition de sa présence à l’élection présidentielle de 2017, et pourtant ce rapport n’aborde aucunement un élément essentiel qui cause le chômage de masse dans notre pays, à savoir la fameuse directive des travailleurs détachés. En effet, alors même que la prestation de travail est faite en France, cette directive, tout absurde qu’elle est, oblige à cotiser dans les pays d’origine. Ainsi, bien sûr, les entreprises étrangères sont soumises à des cotisations plus faibles que nos entreprises nationales. Vous avez dit concurrence déloyale ?

Personne ne contestera le fait que le Code du travail sous sa forme actuelle, avec ses quelque 3.696 pages, est d’une grande complexité donc difficilement applicable, et nécessite ainsi des adaptations. Par adaptation, j’entends réécriture. Oui, il faut alléger les relations du travail et, surtout, éviter les risques juridiques qui font fuir les investisseurs. Mais ce n’est en rien l’objet de ce rapport. Non. Celui-ci n’évoque ni le coût du travail, ni même la sécurisation juridique.

N’oublions pas que réformer veut dire modifier en apportant des améliorations, pas déconstruire un socle social de base et revenir à une société déshumanisée. N’en déplaise à Bruxelles ! N’oublions pas qu’au cœur de l’économie, il y a d’abord et avant tout l’individu.

Si ceux qui nous gouvernent veulent réellement lutter contre le chômage, ils devraient rendre le droit à l’Europe de protéger ses entreprises, comme le font les États-Unis, l’Inde ou la .

28 janvier 2016

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