Culture - Editoriaux - Société - 11 juillet 2013

Ramadan : Bertrand Delanoë fête l’événement…

D’après les nutritionnistes, le ramadan favoriserait la prise de poids. Le corps, mis à rude épreuve par le jeûne, aurait tendance à stocker les aliments consommés le soir. Prendre 5 kilos en se privant de manger… La double peine ! Le soleil à peine couché, chaque bon musulman se rue sur la nourriture et rattrape le temps perdu. Et les kilos.

Des Français ayant vécu sous des ciels islamiques m’ont confié que, durant le ramadan, nombre de fidèles avalaient en toute discrétion quelques menus sandwichs arrosés d’un nuage de boissons gazeuses. De là à conclure que les musulmans sveltes ne jouent pas le jeu… Fort heureusement, des âmes dévotes font les poubelles pour débusquer les tricheurs et gare à celui qui n’a pas avalé les emballages ! On le retrouve ! C’est la traçabilité à la mode islamique : retrouver l’adresse du mangeur plutôt que du mangé.

Il en allait ainsi dans les temps reculés du catholicisme obscur, chacun se faisant fort de dénoncer le mauvais élève, l’ouaille peu observante des recommandations bibliques. Mais les braves gens n’aiment pas que l’on suive d’autres routes qu’eux, Brassens l’avait bien dit. Hors de leurs convictions, point de salut ! L’islam et ses interdictions multiples nous ramènent au temps où la foi ne rigolait pas avec les contrevenants.

Bertrand Delanoë fête l’événement. Gloire au retour du carême obligatoire pour toute une population. C’est vrai qu’il y a de quoi pavoiser. Une consigne incontournable sous peine de cassage de gueule, voilà qui mérite cérémonie. Levons nos verres à la faim et la soif pour tous. Ah, ils vont en baver… En plein été, ne rien boire de 5 h à 21 h 30 relève du tour de force. Le maire est admiratif et donne le top départ des Jeux olympiques de la privation. Bonne chance à tous et que le meilleur gagne !

Bertrand Delanoë est un festif chronique. Un compulsif du lampion. La nuit blanche, les quais de Seine, la techno, tout doit être ensablé, bigarré, paradé… Une culture aux antipodes de l’aridité du ramadan. Soudain devant l’islam, le vieil agent d’ambiance range confettis et serpentins pour célébrer l’abstinence. La fête de l’estomac en tire-bouchon. Les Parisiens attendent la Ramadan Parade avec ses chars débordant de couscous et ses danseuses nues sur lesquels la foule se jettera au coucher du soleil. Vas-y, Bertrand ! Lâche-toi !

Sacré Bertrand. S’est trompé d’adresse. Et puis à quoi bon fêter le ramadan alors que le grand mufti de l’Élysée est en train d’en organiser un étalé sur cinq ans ? Et pas besoin d’ausculter les poubelles. Foi de Pôle emploi !

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