Quoi que démocratiquement douteuse, la manœuvre électorale que constitue le front républicain a une nouvelle fois opéré. Cependant, elle semble s’essouffler inexorablement. En effet, les suffrages exprimés en faveur du Front national s’obstinent dans leur dynamique d’accroissement et la perspective d’un(e) candidat(e) dudit parti au second tour de l’élection présidentielle, autrefois rocambolesque et honteuse, semble aujourd’hui plus vraisemblable et communément acceptée.

Les gesticulations rhétoriques de nos intraitables bureaucrates d’appareils politiques qui consistent à s’unir toutes accointances confondues et s’ériger en rempart du parti dit « d’extrême » en l’associant abusivement à quelques figures historiques génocidaires de la première moitié du XXe siècle s’avèrent faire de moins en moins recette.

C’est d’ailleurs en cela qu’il est nécessaire pour nos politologues de redéfinir sans cesse la notion d’extrême droite. Afin d’y faire entrer aux forceps les adversaires toujours plus nombreux de l’idéologie soixante-huitarde, multiculturelle et anticléricale et dénationalisante dont ils sont les complices et, ainsi, de les disqualifier. On dira d’eux qu’ils sentent le soufre, on parlera de relents, d’idées nauséabondes. À travers ces arguments olfactifs, les charges sont quasiment du domaine du physique.

Plus encore, on ne verra en certaines interrogations qui peuvent pourtant sembler légitimes qu’une crispation symptomatique d’une instabilité psychologique. On assiste depuis peu à un foisonnement nouveau des phobies. Elles concourent en la psychiatrisation de la vie , où toute dissidence est associée à une forme d’aliénation. Au hasard : la xénophobie, l’, l’homophobie et, nouvellement, l’europhobie.

La doctrine précédemment citée a un besoin inconditionnel d’une chimère fascisante afin de poursuivre son entreprise d’ingénierie sociale et culturelle ambitionnant de modifier en profondeur l’ du peuple français et de la civilisation européenne. Cependant, la « bête » semble sortir encore un peu plus du joug de son créateur.

Effectivement, la droite a écarté le patriotisme conservateur qui la caractérisait d’antan pour se convertir à un moderniste honni des couches populaires. La gauche, quant à elle, a renoncé à la du peuple pour se convertir à la cause de la et à la sacralisation à outrance des minorités. C’est en ce double abandon que réside le dynamisme électoral du Front national.

Quoi qu’en pensent les prétendus humanistes de gauche ou les soi-disant libéraux de droite pour qui toute valeur un tant soit peu traditionnelle est inéluctablement réactionnaire et dérisoire, une partie non négligeable des citoyens ne se représente pas la comme un melting-pot universaliste, pas plus qu’en une simple association contractuelle et commerciale d’individus, mais en une nation tissée au fil des années dans une histoire, des valeurs et une commune.

20 décembre 2015

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