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Editoriaux - Industrie - International - Politique - Table - 24 septembre 2016

Rafale en Inde, fin du “big bargaining” ?

Après la longue saga indienne des 126 Rafale, débutée en 2012 et conclue en cul-de-sac mi-2015, la vente ferme des 36 chasseurs est un succès pour l’aéronautique française, et la poursuite d’une longue coopération de Dassault avec ce partenaire asiatique.

En effet, la focalisation médiatique périodique sur les succès – et insuccès – de cet avion occulte le précédent contrat avec ce même pays des 50 Mirage 2000 au début des années 80 et leur rénovation récente appliquée à la modernisation des systèmes d’armes – électronique et missiles. Comparé aux 8 milliards du nouveau contrat, les 2,2 milliards générés par cette grande opération de mise au standard comptent aussi dans la balance commerciale, quand bien même son exécution sera poursuivie en majorité par l’industriel HAL – Hindustan Aeronautics Limited.

L’expérience et la confiance de l’Indian Air Force acquise avec les Mirage sur le long terme constituait, à n’en pas douter, un facteur très positif pour poursuivre sa coopération avec la France. Équipée également d’avions russes, elle est particulièrement bien placée pour juger des qualités opérationnelles respectives des chasseurs en service dans ses escadrons, et son choix est précieux à la poursuite du programme.

Un avion de chasse vaut par les résultats espérés lors d’engagements face aux objectifs potentiels spécifiques. Constatés avec les opérations réelles menées par d’autres forces aériennes – en l’occurrence , citons ici, sans fierté outrageuse, l’armée de l’Air et l’Aéronavale -, ils doivent évidemment leur efficacité ultime à l’armement utilisé. Dans tout contrat, si la part belle médiatique est faite au constructeur de l’avion, le budget alloué aux missiles et autres armes sophistiquées est important, voire concurrent de celui des porteurs. Nonobstant les qualités intrinsèques reconnues de l’avion, celles des armes disponibles fut certainement un élément décisif pour le choix déterminé et pressant des utilisateurs indiens.

Mais avant de pouvoir grimper dans le « cockpit » et braver les ennemis, les opérationnels se sont effacés derrière les négociateurs, apportant leur expérience technique à des tractations financières ardues et épuisantes, comme seuls les Indiens savent les mener ! De l’autre côté de la table, les intervenants de la partie « adverse » doivent faire preuve d’un solide moral, d’une patience bouddhique et de puissants appuis. Et méritent, in fine, une décoration qui n’existe pas…

10.000 pages de contrat, c’est mieux (ou pire) que notre Code du travail et les 1.000 du programme politique de Le Maire paraissent un juvénile devoir de CP en comparaison. Car d’importantes et multiples contreparties y sont actées qui, selon les informations, s’élèveraient à 50 % du montant du contrat.

Notre Président n’a pas manqué de « se féliciter », selon la formule réfléchie et un peu calculée, chère aux homme publics. J’espère qu’il a congratulé aussi Jean-Yves Le Drian, qui reste un discret mais très efficace VRP international…
 

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