L’autre matin, gare d’Austerlitz, je croise deux jeunes employés issus de la diversité en plein dialogue. Extraits : “Putain sa race, fait pas chaud !” Nous pouvons mesurer une certaine propension de catégories sociales, se désignant généralement comme victimes de racisme, à dégainer le mot “race” au moindre courant d’air. L’un de ses cousins, le mot “bâtard”, est très tendance également dans les mêmes milieux. Les races existent-elles ? À écouter les représentants de la diversité, le doute n’est pas permis : comment invoqueraient-ils en permanence une chose n’existant pas ? Parmi les rares promesses tenues par l’ex-candidat Hollande une fois locataire de l’Élysée figure la suppression du mot “race” de la législation française. Si supprimer les mots supprimait les maux, que n’eût-il réglé son compte en priorité à celui de “chômage”… L’expression “Putain sa race” très – et presque exclusivement – usitée par les “chances pour la France” serait donc illégale, en dehors de la République. C’est un pas en avant : reste à le leur faire savoir et à en interdire l’emploi au titre d’incitation à la haine raciale.

Libération, dans le cadre d’une série d’articles récents consacrés à un sujet de prédilection (“Raciste qui es-tu ?” / “Une France trop tolérante avec le racisme”, etc.), ne pouvait pas ne pas faire ses choux gras du énième meurtre d’un Noir américain par un policier blanc : racisme ! s’écrie le journal.

Ainsi, nous assistons, impuissants, à l’émergence d’un racisme inédit. L’homme de race blanche pratiquant l’autoracisme sémantique, le racisme contre sa race, l’autoflagellation raciale, la masturbation antiraciste, laquelle (pour le coup) ne rend plus seulement sourd, mais également aveugle : interdiction formelle de dénoncer le raciste non revêtu d’une peau blanche. Haine de soi débordant le champ psychiatrique pour investir celui de l’idéologie : immense et trouble bonheur à dénoncer sa propre race, et exclusivement cette dernière. En est résulté, en France, cette définition tronquée, implicite et exclusive, au final raciste du racisme : est seul raciste tout crime verbal ou physique perpétré par un Blanc contre une personne non blanche. Inutile de rappeler combien Libération s’inscrit dans ce créneau délicieusement mensonger. Ainsi ce journal n’a pas cru utile de relever avec la même verve la vague de violences xénophobes agitant en ce moment la région de Durban, en Afrique du Sud. Ni ce cri du cœur du roi des Zoulous, Goodwill Zwelithini, “la plus haute autorité traditionnelle du KwaZulu-Natal – la province où est située Urban -, appelant les étrangers à faire leurs bagages et quitter l’Afrique du Sud” (journal suisse 24 heures, 12 avril). Cependant que The Voice Of Congo, dans son édition en ligne du 12 avril, souligne que “les attaques xénophobes contre les Congolais et autres étrangers s’intensifient à Durban”. Pas inutile, non plus, de rappeler, à l’enseigne de la “diversité”, ces paroles du raciste Ibn Khaldoun (Tunis 1332 – Le Caire 1406) cité par Tidiane N’Diaye dans Le Génocide voilé, page 157 : “Les seuls peuples à accepter l’esclavage sont les nègres, en raison d’un degré inférieur d’humanité, leur place étant plus proche du stade animal.” En prime, la une de MarocHebdo du 8 novembre 2012 : “Le péril noir/Des milliers de Subsahariens clandestins au Maroc/Ils vivent de mendicité, s’adonnent au trafic de drogue et à la prostitution/Ils font l’objet de racisme et de xénophobie/Ils posent un problème humain et sécuritaire pour le pays”.

Ben mince, il y aurait des racistes autres que blancs et français ou américains.

12 avril 2015

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