À l’initiative des associations SOS Racisme, Union des étudiants juifs de France et SOS Homophobie, un module de signalement avait déjà été mis en place en 2013 sur Twitter, Facebook et YouTube. Le dimanche 15 mai, les trois associations ont annoncé leur intention d’assigner « en référé devant la justice française » ces plates-formes pour non-respect de leurs obligations de modération légales. Après un « testing » d’une semaine en ligne durant lequel elles ont signalé 586 contenus jugés racistes, homophobes ou antisémites, elles ont reproché aux « géants du Web » de n’en supprimer qu’une infime partie. Elles se réfèrent ainsi à l'article 6 de la loi pour la confiance en l'économie numérique du 21 juin 2004, relatif au « caractère illicite » des informations mises « à la disposition du public ».

Ainsi, elles demandent à ces trois entreprises de mentionner, au sein de leurs conditions d’utilisation, l’interdiction de tout message négationniste, clause qui ne figure pas dans le droit américain. En France, dans le cadre de la loi Gayssot du 13 juillet 1990, l’article 9 — introduit dans la loi de 1881 sur la de la presse — stipule que « seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l'article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l'article 23, l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité ». Elles exigent également un moyen pour contrôler la véritable de l’internaute lors de son inscription.

De plus en plus populaires, les réseaux sociaux ressemblent à une transposition numérique des salons littéraires ou politiques du XIXe siècle. Par ses actions, la sphère virtuelle étend de plus en plus son influence dans le réel. Les communautés se réunissent librement par centre d’intérêt, autour d’idées communes, pour s’y exprimer avec des vidéos, des images et des textes. Comme une expérience sur Rue89 l’avait montré, à propos de la radicalisation islamique, les mystérieux algorithmes de Facebook proposent notamment une évolution des contenus, personnalisée en fonction des interactions enregistrées. Au fil des clics et des commentaires, les publications susceptibles de plaire à son utilisateur apparaissent dans les actualités. Les plaignants exigent que ce fonctionnement soit modifié pour « empêcher l’enfermement algorithmique des contenus haineux ».

Si l’on compare les textes du rappeur Black M., nullement inquiété pour ses incitations à la haine, avec la façon dont les internautes mobilisés pour le respect de nos poilus furent traités, on se demande alors jusqu’où doit s’étendre cette « d’expression » à deux poids deux mesures. Le « racisme » et « l’homophobie » auraient-ils des définitions variables selon les personnes impliquées ? Le mystère plane sur l’interprétation de ces termes. Le trio associatif saisit au vol l’affaire du concert annulé pour établir la censure. Un étau se resserre autour des opposants pour museler toute protestation contre les inepties du actuel.

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18 mai 2016

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