Le « camp d’été décolonial » est de retour

“Le “camp d’été décolonial” a validé le contrôle au faciès en excluant les Blancs”, écrivait Jack Dion, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, en juin 2016. Alain Jakubowicz, président de la LICRA, parlait d’un “racisme qui ne dit pas son nom” en avril 2016. SOS Racisme dénonce, de son côté, un “rassemblement ouvertement raciste organisé par des individus qui ont choisi de transformer leurs névroses identitaires en haines politiques”.

Obnubilées par un prétendu “racisme d’État”, au travers duquel une “partie dominante” (blanche, occidentale, chrétienne, laïque…) reproduirait à l’identique, selon elles, des comportements colonialistes vis-à-vis des descendants des anciennes populations colonisées, les militantes “afro-féministes” espèrent avant tout promouvoir une forme de communautarisme. Un “entre soi protecteur”, limitatif et interdit aux “blancs”, qui menace la cohésion déjà fragile de la République.

Héritières des mouvements américains des années 1970, alors ouvertement communautaristes, Fania Noël et Sihame Assbague espèrent thésauriser le caractère “minoritaire” des populations qu’elles prétendent incarner, afin de revendiquer une forme de discrimination positive et de repli sur soi à la fois.

Elles n’exigent rien de moins que des compensations sans contreparties à ce “racisme d’État” fantasmé qu’elles vilipendent dès que faire se peut. À l’instar des autres combats actuels, cela se transcrit non seulement par la demande de droits propres, mais aussi par la revendication d’une légitimité propre à leur seule communauté.

Surtout, l’attitude de victimisation déresponsabilisante qu’elles proposent à certains individus déclassés permet à ces derniers de se forger leur propre grille de lecture quasi complotiste de leur environnement.

Le profil pointé comme étant le dominant historique, le mâle blanc hétérosexuel, doit être selon elles contrebalancé par une autre construction identitaire. Il serait la source de tous les malheurs passés et présents de la “communauté”, et c’est en s’opposant à lui que la situation s’améliorerait. Le “Blanc” devient ainsi un bouc émissaire qui justifie à la fois certains comportements violents et un refus d’intégration à la communauté française.

Ardentes défenderesses d’une forme d’entre-soi protecteur, elles n’espèrent rien de moins qu’une fin du paradigme civilisationnel français. La France, cet héritage à la fois hétéroclite, complexe et en construction permanente, s’appuie pourtant nécessairement sur un socle de références communes et sur une culture partagée. Elles espèrent, au contraire, initier une autre forme de gouvernance plus en phase avec leurs visées idéologiques, à l’instar des modèles américains ou britanniques.

Des générations d’immigrés italiens, polonais ou encore russes se sont pourtant reconnues pendant des décennies dans les valeurs et l’héritage français, afin de s’en imprégner avec délectation, puis de l’enrichir à leur tour. Ces populations aussi ont connu la pauvreté à leur installation, voire certains comportements d’exclusion, mais se sont intégrées sans avoir à adopter ces comportements de repli destructeur.

Ces militantes “afro-féministes” considèrent que l’origine ethnique des populations immigrées les empêche “par essence” de partager la culture du pays dans lequel elles ont choisi d’émigrer, refusant de fait que leur identité propre puisse changer au gré des nombreuses rencontres et expériences qui ponctuent nos vies.

Le camp d’été décolonial est de facto un danger pour la France, pour son modèle d’intégration séculaire et pour sa cohésion nationale.

À une époque où les errances identitaires et la fragilité personnelle de certaines personnes permettent l’émergence de loups solitaires autoradicalisés sur Internet – symbole d’un mal-être au sein de la communauté nationale -, nous refusons que ces militantes puissent diffuser une grille de lecture du monde inique, à même de maximiser les tensions sociales en France et de légitimer d’autres dérives identitaires.

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