Editoriaux - Justice - Société - Table - 24 décembre 2014

Racisme anti-blanc : (enfin) un verdict exemplaire.

Tout le monde a entendu parler de l’affaire de ce jeune étudiant en pharmacie poignardé à Toulouse il y a quatre ans. était un jeune brillant, travailleur et plein d’avenir, sa vie s’est arrêtée une nuit à Toulouse dans la rue, victime de la violence, de l’imbécillité et du racisme de deux autres jeunes. Au moment des faits, Jérémy avait 27 ans ; son meurtrier 18 ans et le complice 22 ans.

Le jugement en cour d’assises a été rendu le 19 décembre dernier. L’avocat général avait demandé une peine de 30 ans pour le meurtrier et de 15 ans pour le complice. Le verdict populaire n’a pas suivi les réquisitions. Chose rare, il a condamné beaucoup plus fermement : perpétuité pour le meurtrier et 20 ans pour le complice. Le peuple a parlé, il a montré aux juges que, même sévères, ils ne l’étaient pas assez contre cette violence quotidienne qui n’ose plus dire son nom. Dans les rapports de police, il est indiqué que ces voyous de bas étage « faisaient la chasse aux Yankees » – traduction : aux Blancs qui ont de l’argent.

Le seul tort de Jérémy a été de refuser de se faire détrousser au détour d’une rue, comme au Moyen Âge : il en est mort. Un des policiers venus témoigner au procès a affirmé, sans passion, mais avec fermeté, que cette violence était quotidienne dans les rues de Toulouse, surtout en centre-ville. Ce sont en particulier les étudiants qui sortent le soir qui sont particulièrement visés. Les jurés ont donné la sentence. Inadmissible que les citoyens ne puissent vivre en paix sans risquer leur vie uniquement parce qu’ils sont blancs et supposés riches. Cela ressemble étrangement à la mort de ce Juif qui lui aussi était supposé riche parce que juif.

Bernard Cazeneuve a rappelé haut et fort que l’antisémitisme était inacceptable. L’avez-vous entendu dire que le racisme anti-blanc était anormal ? Avez-vous entendu les associations payées, avec nos impôts, crier au racisme dans cette affaire et se manifester ? Non, rien. Nous avons ici affaire à un silence complice pour protéger qui ou quoi. Quand un Juif se fait assassiner parce qu’il est juif et supposé riche, c’est inacceptable et quand un Blanc se fait tuer parce qu’il est blanc et supposé aisé, c’est normal. Circulez ! Il n’y a rien à voir.

Le procès de Toulouse, à ce titre, est un modèle du genre en termes d’hypocrisie et de déni. Pas un mot sur les motivations ni le mobile, pas un mot autre que “ces pauvres jeunes très éprouvés par la vie”. Heureusement, le jury populaire ne s’y est pas laissé prendre et c’est le signe que le peuple est prêt à se défendre contre tout ce qui met en danger notre société ; ce n’est qu’un début. Peut-être même que Sarkozy avait raison de vouloir mettre aussi des jurés populaires pour les jugements en correctionnelle.

Le 20 décembre, à Toulouse, une marche blanche a été organisée pour Quentin Fisset, autre étudiant tué début mai. Pas de coupable à juger dans cette affaire, juste une “enquête difficile” qui “demande de la patience”.

Quand les policiers disent eux-mêmes que l’insécurité n’est plus supportable à Toulouse (ou ailleurs), écoutez-les : nous ne sommes pas au bout des marches blanches.

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