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Discours - Editoriaux - Polémiques - Presse - Radio - Table - 11 octobre 2014

Qu’on laisse tranquille Zohra !

Chère Marie, vous y allez trop fort. Votre article du 9 octobre intitulé «  gagne à la roulette » m’a fait ricaner. Bêtement. Avant de me mettre mal à l’aise, comme beaucoup de lecteurs de Boulevard Voltaire. L’avocat parle pour celui qui ne peut pas le faire, qu’il en soit incapable ou qu’il en soit empêché. Permettez-moi de parler pour Rachida.

Rachida : nous avons adoré la détester ! Et là encore, c’est l’avocat qui parle, mais plus le défenseur ; le membre d’un barreau. Lorsqu’à la surprise générale Nicolas Sarkozy l’a nommée garde des Sceaux, nous nous sommes gaussés. Gaussés de cet emblème de la diversité placé symboliquement à un ministère régalien. Gaussés de sa propension, en arrivant place Vendôme, à se tromper de côté et à confondre son ministère avec les boutiques d’en face. Gaussés de ses discours – sujet-verbe-complément – écrits par des collaborateurs surtout soucieux de lui rendre intelligible ce qu’ils avaient à nous dire par sa voix. Par la suite, lorsque ses services ont imposé diverses réformes, les petits barreaux de province ont moins rigolé – ceux dont le tribunal a fermé s’en souviennent.

Puis sont venues les peines plancher : nous nous sommes demandés si la loi n’avait pas été écrite exprès pour mettre définitivement à l’ombre son frère, Jamal Dati, au casier judiciaire long comme un jour sans pain.

Et Canteloup qui savait si bien la mettre en boîte, à la grande fureur de l’intéressée ! Et Dominique Jamet, dont un papier acide rappelait incidemment son difficile combat à la conquête du VIIe arrondissement ! Avec Rachida, c’est bien simple : on trouve toujours quelque vacherie à dire.

Eh bien, chère Marie, je persiste et je signe : vous y allez trop fort ! Attaquez donc madame Dati sur ses postures politiciennes, sur son éphémère « club des quatre » qui nous a valu, dans Valeurs actuelles du 25 juin, une brochette de lieux communs sur la « nécessaire refondation de la droite des valeurs » et tutti quanti… Reprochez lui, dans sa vie publique, son goût pour les paillettes, son appétence pour les grands couturiers ou son manque d’assiduité au Parlement européen.

Mais ne touchez pas à sa vie privée, n’éclaboussez pas sa fille.

Il y a, derrière la vitrine que chacun de nous donne à voir, la réalité de la personne. Au-delà des apparences, des attitudes et de la provocation, des postures et des paroles plus ou moins inspirées, il y a la femme infiniment respectable, ontologiquement respectable par ce qu’elle est, et non par ce qu’elle paraît être. Rachida fait ce qu’elle veut de sa vie privée, sort, rigole, dîne, couche avec qui elle veut. Son intimité ne nous regarde pas. C’est un personnage public ? Certes. Mais ce n’est pas une raison suffisante. Si la presse a cru opportun de dévoiler le nom de celui qui, peut-être, endosse la paternité de l’enfant, faut-il en rajouter ? Et pourquoi se choquer d’une demande judiciaire qui, au-delà de la demande de subsides, n’est rien d’autre qu’une volonté de donner à l’enfant l’ascendance qui, comme à nous tous, structure sa personnalité ?

Quant à Zohra, elle a 5 ans. Interrogée par Guillaume Durand sur Radio Classique, sa mère a fort justement répondu : « Cette petite fille, qu’on la laisse tranquille. Et moi avec. » Fermez le ban.

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