"Migrants : des dizaines de morts, dont des enfants, dans un nouveau naufrage", titrent, inlassables, les officines de la bonne conscience subventionnée. Au fil des mois, seul diffère le nombre de noyés, victimes de l'illusion d'une terre faussement promise ; faits divers dont l'inéluctable récurrence ne peut évidemment atténuer le drame sous-jacent. Des dizaines de morts et une réalité tragique. Et pourtant, plus tragiquement, le réservoir d'empathie est en panne sèche…

Au fil des macabres décomptes, submergés par une malsaine indifférence, la compassion stérile et avortée, au risque de subir - pour une fois fondés - les procès en xénophobie et en inhumanité intentés par les camps du bien, les Ponce de la gauche, les Pilate de la droite et leurs sous-fifres aussi, sommes-nous devenus assez fous pour ne plus être sensibles à ces drames humains, probablement immunisés par l'« aylanisation » impudique et culpabilisante de toutes ces tragédies ? Serait-ce la cause ou la conséquence d'une inconsciente mais légitime défiance envers l'Autre que, depuis qu'il n'est plus l'enfer, nous sommes acculés à accueillir par millions, dans le but louable de le délivrer de son abominable présent ? Lui qui est censé, selon l'avis des élites éclairées et des experts proclamés, nous garantir au sein d'un havre multiculturel un meilleur avenir économique et la sérénité d'une croissance démographique… Cette charité post-chrétienne devenue démente recommencerait-elle par passer par la case soi-même ?

Comment encore s'émouvoir de la disparition de ceux qui, de gré ou de force, au fil du temps, nous remplacent ? Mais peut-être, avant cela, devrions-nous réapprendre à nous émouvoir de notre propre disparition. Se réveiller de notre torpeur pour réaliser notre suicide programmé, réaliser pour s'émouvoir, s'émouvoir pour pouvoir combattre, combattre pour se défendre, se défendre pour survivre en tant que civilisation. Reste à clarifier au nom de quoi et à préciser au nom de qui, et pour quelles grandes valeurs communes nous serions prêts à tout risquer pour espérer survivre. Pour quoi serions-nous prêts, comme ces naufragés, à risquer notre vie ? Quel serait ce point de non-retour absolu qui nous réveillerait de notre apathie ?

Une montagne se dresse là devant nos yeux hagards, une montagne avec ses minarets, son métissage culturel, son Grand Remplacement, son antiracisme, son débridé, sa propagande et sa dictature larvée. Une montagne et autant d'obstacles qu'il faudra surmonter, dont il faudra triompher.

On nous avait dit qu'avec la foi, on pouvait faire bouger des montagnes. La montagne est bien là. Plus la foi. Coquille vide coincée entre deux encycliques sur le réchauffement climatique…

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6 février 2016

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