Discours - Editoriaux - Justice - Politique - Tribune - 18 février 2017

Un quinquennat en cinq images

Nous touchons au terme, enfin, d’un trop long mandat. L’heure du bilan approche. Sauf événement qui viendrait troubler ce classement, voici cinq images parmi les plus symboliques pour illustrer ce qui fut un désastre.

Novembre 2012 : le lui-candidat s’était présenté comme l’ennemi de la finance, le lui-élu nous trahissait déjà avec la loi Moscovici, purement cosmétique et rêvée par les banques. Son ministre du Budget Jérôme Cahuzac est au pupitre, le sujet de son intervention s’y lit : « Lutte contre la fraude fiscale ». Peu après, il tombe, premier d’une trop longue série. L’hypocrisie des attitudes généreuses et désintéressées opposée à l’appétence socialiste pour l’argent, fût-il sale, s’expose à la lumière.

Juin 2013 : un jeune homme entravé allongé dans un panier à salade. À son poignet, outre les menottes, deux bracelets de la Manif pour tous. Nicolas passera trois semaines en prison après un procès inique et politique, stalinien, d’une sévérité sans doute téléguidée par la Chancellerie. Au mépris de l’indépendance de la justice ?

En janvier 2015, François Hollande se rend sur les lieux de l’attentat de Charlie Hebdo. La photo le montre accompagné de Gaspard Gantzer, son conseiller en communication. Pas de son chef d’état-major, ni de son chef de cabinet, ni encore du coordinateur national du Renseignement. Encore moins son ministre de l’Intérieur, qui loge en face. Le vrai, le seul enjeu, ce n’est pas la sécurité des Français, c’est l’image qu’il leur donnera.

En février 2017, Théo sur son lit d’hôpital reçoit la visite du Président. Au mépris du temps de la justice, sans doute trop long, le Président adoube comme victime un prévenu sans attendre qu’une enquête aboutisse. Il instrumentalise la justice contre la police et fonde ainsi en légitimité les émeutes en banlieue, déchirant encore plus s’il en était encore besoin un pacte social déjà en lambeaux.

Toujours en février 2017, Laurence Rossignol défend à la tribune le délit d’entrave à l’IVG. Rien n’est plus prioritaire pour le gouvernement d’un pays en faillite, cible du terrorisme et en quasi-guerre civile. Dans son intervention, elle exclut le discours “angoissant” du champ de la liberté d’expression. La loi s’arroge le droit de contrôler l’expression et, de facto, l’opinion. Exit la liberté de penser. Ce n’est pas grave, les écoles ne forment plus à penser depuis belle lurette.

Qu’il est frustrant de ne pas trouver dans cette liste une photo dont on pourrait être fier ! La question s’est posée pour l’intervention au Mali, sans doute la seule bonne décision du mandat, mais ce serait souligner l’effectivité d’une et une seule lutte contre le terrorisme islamique, au loin, quand on l’arme en Syrie et le laisse proliférer ici.

J’assume la subjectivité de mes choix pour illustrer ce désastre. D’autres y auraient collé le mur des cons, les trombes d’eau bretonnes qui lui tombent sur la tête, des familles gazées par la police, les Bonnets rouges ou les manifestations de casseurs impunis – liste de clichés non exhaustive. Ou n’en garder qu’une seule, celle du réveil du peuple normal, dans la rue, joyeux et décidé, bien élevé, soucieux du bien public, attaché à son anthropologie multiséculaire et efficace pour le faire savoir. Merci, François Hollande :grâce à votre obstination, nous sommes debout. Et pour longtemps.

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