Quand on y regarde de près, on s’aperçoit que les politiques et les appliquent aux casseurs la même rhétorique qu’aux terroristes. À savoir que les quelque 200 ou 300 furieux (ça fait du monde !) qui s’échappent maintenant régulièrement de la place de la pour « monter sur l’Élysée » ou simplement saccager systématiquement les commerces, briser les vitrines et le mobilier urbain sur leur passage n’ont pas plus à voir avec les Nuit debout et les “zétudiants” que les kamikazes n’ont à voir avec l’islam.

Voilà un tropisme bien français : le « padamalgam ». Il y aurait ainsi des gauchistes comme il y a des islamistes, des gens qui n’ont rien à voir avec ce dont ils semblent pourtant se réclamer, ce qui évite semble-t-il de se poser des questions non seulement sur le pourquoi et le comment, mais surtout sur le qui.

En effet, qui sont-ils, ces casseurs, d’où viennent-ils, qui les cornaque ? Sont-ce des « zadistes » et autres punks à chien rapatriés de Notre-Dame-des-Landes dans des bus affrétés par et Martine Aubry ? Les troupes de , les séides de Poutou, de Besancenot ou du clone d’Arlette Laguiller, « l’économiste » (sic) Nathalie Arthaud ?

Je ne suis pas flic, juste curieuse. J’arpente la ville à pied, je la regarde et suis bien obligée de constater que, depuis des années, on aperçoit dans tous les quartiers des rues entières où les commerces sont pris en enfilade et les vitrines explosées (sans doute à la boule de pétanque). Il y a les commerçants qui réparent et ceux qui ne le peuvent pas, mettent du scotch, des cartons… Les compagnies d’assurance doivent se faire tirer l’oreille. C’est un phénomène qui va croissant.

Dans le quartier populaire de Belleville, on trouvait ces derniers mois des affiches placardées réclamant « un gratuit pour tous », « un revenu pour tous », « la santé gratuite pour tous ». Ne manquait que la revendication du soleil tous les matins.

Avec le contexte politique actuel, les choses sont dites plus clairement. Voilà les dernières affiches :

« Ton Code du travail vaut bien une générale »
et celle-ci, mieux encore :
« La on s’en fout
On veut plus travailler du tout
Mort au dialogue, Vive le sabotage »

Certes, on imagine que les allumés qui pondent ce genre de slogan n’ont pas dû travailler beaucoup dans leur vie. Certes, on peut aussi prendre cela pour de la poésie, à condition qu’ils ne passent pas à l’action. Mais force est de constater qu’on ne cherche pas à les identifier et encore moins à les arrêter.

Pourquoi ? Parce qu’au fond ils représentent un courant de pensée bien ancré dans les gènes de la classe au pouvoir : tout ce qui va contre l’argent est du côté du bien. Quitte à confondre TPME et entreprises du CAC 40, patrons à parachutes dorés et commerçants de quartier, propriétaire d’un 35 m2 avec rentier…

15 avril 2016

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