Né en 1958, j’avais donc dix ans quand les guignols trotsko-mao confondirent la prise du palais d’Hiver avec la mise à sac de la rue Gay Lussac et de fait, je soufflais mes vingt bougies, trois ans avant que cette même rue Gay-Lussac voit la remontée triomphale de l’homme à la rose… direction le Panthéon.

Je fus donc un ado des années 70. C’est chouette l’adolescence, on se prend pour un cador même si on n’est qu’une cassette vierge sur laquelle tout un tas d’influences viennent marquer votre imaginaire et de là forger votre personnalité.

Alors voilà… pendant dix ans et grâce entre autres à mes chers profs , j’ai appris méthodiquement à caguer sur (en vrac) la Patrie, les anciens combattants, l’Église, la famille, les poulets, les vieux, l’armée, la pudeur, l’honneur, les patrons. Enfin, bref, sur tout ce qui pouvait revêtir un caractère sacré pour l’immense majorité de mes salauds de compatriotes…

J’ai quelques excuses, car entre qui dégueulait sa haine de la France et des Français dans son 45 tours Hexagone , Maxime le Forestier qui faisait rimer parachutiste avec fasciste, Cabu qui publiait À bas toutes les armées et les mal peignés qui nous guettaient à la sortie du bahut pour nous dire à quel point Che Guevara c’était bien ; il fallait s’accrocher . Mais le plus chouette du lot ; c’était bien le Professeur Choron et son admirable Hara-Kiri

Car oui, je le revendique haut et fort… si je ne suis pas le frère de Michèle Bernier, je suis en tout cas le fils illégitime de son père. Qu’est ce qu’on a pu rigoler avec le professeur Choron, sachant que si les clowns sus-nommés voulaient nous déprogrammer pour nous inculquer leur catéchisme, les fous furieux d’Hara Kiri eux se foutaient pas mal de tout. On les a aimés parce qu’ils étaient le chien dans le magasin de porcelaine ou encore le clodo lubrique dans les salons de la marquise.

Le fait de lire que le pyjama Auschwitz faisait maigrir même les plus gros ou qu’à Noël, il fallait offrir la panoplie de petite pute à sa gamine de huit ans nous a fait hurler de rire. Pour rassurer les cloportes, je tiens à signaler que, malgré ce poison nauséabond, je n’ai jamais déporté personne et qu’à Noël, j’offrais des petits poneys à ma fille.

Tout ça pour vous dire, monsieur le commissaire politique, que si je rigole aux vannes de Dieudo, ce n’est pas de ma faute, j’ai été maltraité étant petit, j’ai eu de mauvaises fréquentations qui m’ont appris de force que rien ni personne n’était sacré. Alors, si entre temps de nouvelles idoles intouchables ont été érigées, merci de me le dire afin que je ne finisse pas comme le Chevalier de la Barre qui fut exécuté pour n’avoir pas ôté son chapeau devant les Saints Sacrements.

Allez… une petite blague avant de se quitter : c’est deux types qui discutent dans la rue .
« Tu sais, depuis le 27 décembre, date où a commencé le Dieudo-bashing, trois types ont été poignardés… »
« Ouais et 3.000 emplois ont été supprimés… »
« Et le a bien protégé un de ces potes… »
« Sans parler de ces cinq ou six ou chômeurs désespérés qu’on a retrouvé pendus dans leur garage ou leur grange… »
« Tout ça en quinze jours ? »-
Elle est bonne, hein !

??? Quoi, elle n’est pas drôle mon histoire… évidemment, je n’ai pas le talent de Dieudonné et puis je crois que vous manquez foutrement d’humour.

19 janvier 2014

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