Cinéma - Editoriaux - Politique - Presse - Santé - Table - 27 septembre 2015

Une question de taille

Souvenez-vous lorsque le film Borsalino a été mis à l’affiche : une guerre entre les deux principaux acteurs a éclaté. Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, par presse interposée, se sont chamaillés pour la taille de leur nom sur l’affiche. Une guéguerre ridicule de cours de récréation : “C’est moi qui aurai la plus grosse”, “Non, c’est moi.” Une querelle d’ego lamentable, limitée au petit monde des stars.

Aujourd’hui, cette querelle d’ego éclabousse le monde politique, souvent aussi ridicule que celui des stars de cinéma. Valérie Pecresse, candidate aux élections régionales, organise un grand meeting. Rien de plus normal sauf que, sur l’affiche, le nom de apparaissait de la même taille que celui de ses concurrents aux primaires. Insupportable pour quelqu’un dont la taille a toujours guidé sa hargne : être petit par la taille oblige souvent à se grandir.

Alors Nicolas Sarkozy, le champion des talonnettes, a exigé un changement d’affiche. Comme tout ancien président qu’il est, il voulait figurer en gros plan sur la distribution. Ce qui fut dit fut fait, les Juppé, Fillon et autres candidats potentiels à la primaire ont été rétrogradés en lettre plus petites. Outre que ce changement entraîne des coûts que les militants paieront, c’est bien le ridicule de la chose qui est à prendre en compte.

Une querelle d’ego qui montre à quel point la pensée politique est insignifiante chez les « Républicains » – nom que j’ai du mal à écrire, alors je mets des guillemets. Sarkozy le Grand, complexé par sa taille, même sur les affiches, premier au concours de la futilité. Pendant que les Français souffrent dans tous les domaines de la vie. Le chômage qui augmente toujours, la loi santé qui va détruire notre système de soins, les flots de Syriens et autres immigrés que la France doit gérer. Tout ce qui fait que les Français en ont assez de la politique actuelle, et qui sont obligés de constater que la soi-disant opposition se bat pour avoir le nom en gros sur l’affiche.

Sur l’affiche de l’incompétence à gérer notre pays, qu’il se rassure, Nicolas Sarkozy aura la bonne place aux côté de François Hollande. La distribution du film est importante, certains auront leurs noms en tout petit, d’autres seront en bonne place. Pas besoin de réclamer, les électeurs leur diront par l’intermédiaire du bulletin de vote que la taille n’est pas le plus important.
D’ailleurs, au hit-parade de ceux qui nous ont mis dans cette situation, Juppé devrait lui aussi figurer en lettres majuscules ; je suis étonné qu’il ne fasse pas refaire l’affiche une troisième fois. Lui qui a figuré au rang des Premiers ministres licenciés par le peuple, lui qui veut reprendre le pays à 70 ans passés, lui qui se dit être le « sauveur » du pays avec François Bayrou, le loser des Pyrénées.

Une chose est certaine, par contre : ils seront tous aux côtés de Valérie Pécresse dans ce meeting pour nous chanter le refrain de leur chanson : “Avec nous, tout ira mieux demain.”

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