Editoriaux - Politique - Religion - 13 juin 2016

Qu’est-ce qu’une « boîte gay » ?

Qu’est-ce qu’une « boîte gay » ? Doit-on en déduire que le filtrage discrimine les « hétérosexuels » à l’entrée ? L’homosexualité, serait-ce un processus biologique, définitif et irréversible ? Une manière de vivre qui distinguerait ses pratiquants au premier coup d’œil dans la rue, un peu comme une ethnie raciale ou un supporter de football ? Quelle majorité d’homosexuels dans une discothèque en fait « une boîte gay » ou non ? Le choix d’avoir une sexualité – ou pas, avant, ou après une soirée en discothèque – est-il un qualificatif ? Sans doutes les terroristes tiennent-ils une sorte de petit carnet de route avec des cases à cocher : la boîte gay, ça, c’est fait.

Les attaques du Bataclan étaient-elles « hétérophobes » ? Les attaques contre les écoles sont elles « enfantophobes » ? Les attaques contre des salles de concerts sont elles « mélophobes » ? Et les lieux de culte ? Si, demain, une boîte libertine est attaquée, sera-ce une attaque « libertinophobe » ?

Comment peut-on oser nous parler d’un acte « homophobe » alors que l’auteur se revendique de Daech, se prépare depuis des semaines, et peut-être aurait agi en liaison avec d’autres personnes ?

Un certain militantisme, toute honte bue, déploie encore son étendard arc-en-ciel pour tenter de nous escroquer une larme au coin de l’œil pour sa cause. Déjà, les commentateurs s’engagent et les chroniqueurs s’investissent. On nous reparle de mariage gay et de Manif pour tous, terreaux et ferments de la « haine ». Ah, les belles âmes qui récupèrent sans vergogne les morts encore chauds de dimanche matin qui s’entassent pêle-mêle, hommes et femmes, dont personne ne saura jamais à quoi ils pensaient à l’instant de leur mort, mais certainement plus à leur sexualité. On ne fera aucun commentaire… Une telle vulgarité érigée en style politique, c’est une plaidoirie à charge. La définition de la perversion, c’est de détourner un sujet de son objet.

Le terrorisme islamiste est le terrorisme islamiste. Une attaque est une attaque. Les victimes n’ont plus ni sexualité, ni idées, ni religion. Elles sont mortes.

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