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Editoriaux - Le débat - Médias - Politique - Presse - 9 janvier 2016

Qu’espérez-vous, Monseigneur Vingt-Trois, en ce silence face à Charlie Hebdo ?

Nous regrettions ici-même, il y a peu, la piètrerie des propos de Monseigneur Vingt-Trois à l’occasion de ses interventions dans les médias pour Noël. Leur vacuité d’alors limitait singulièrement toute évangélisation. Et c’est peu de le dire… Mais cette semaine, notre bon archevêque donne dans le vide radical.
 
Chacun sait de quelle une Charlie Hebdo croit bon de parer son torchon hebdomadaire pour faire vendre. Quand on a reçu 4,3 millions d’euros, on se croit tout permis dans une désinformation qui ne trouve son égale qu’en les pires dictatures du XXe siècle : nazis, communistes, Khmers rouges, etc.
 
Dans le même temps que l’on vit Rome viser fort juste en une très fine réaction : “Dans le choix de Charlie Hebdo, il y a le triste paradoxe d’un monde de plus en plus attentif au politiquement correct au point de frôler le ridicule, mais qui ne veut ni reconnaître ni respecter la foi en Dieu de tout croyant”, Monseigneur Vingt-Trois interrogé lors des vœux élyséens ne trouva rien à redire quant à la susdite couverture. Questionné, il se tint dans un prudent : « Comme c’est fait pour provoquer, je ne vois pas pourquoi je réagirais. »
 
Réaction mesurée à Rome contre peccamineuse prudence à Paris. Hic et nunc, Monseigneur Vingt-Trois devance les ukases d’un Florian Philippot qui regrette les indignations des religieux « prompts à s’indigner pour un rien… » et « l’intervention devenue quasi systématique d’un certain nombre de responsables religieux dans le débat public, que ce soit pour condamner les unes de Charlie Hebdo ou d’autres publications, ou pour commenter l’actualité, [qui] commence à poser problème ».
 
Bref, Monseigneur, vous voilà mettant en œuvre une crétine pseudo-sagesse frontiste ! Voilà qui ne manquera pas de surprendre… Prenez garde que d’aucuns ne voient ici plus qu’une coïncidence où chacun le dispute à la bêtise radicale ! Je galèje…
 
Qu’espérer, Monseigneur, par ce silence ? Qu’on me pardonne cette terminologie, mais… jusqu’où laisser torcher l’image de Dieu ? Jusque devant quelle merditude de la presse devra-t-on faire silence ? Ne pourriez-vous trouver un salésien propos qui remette les choses à l’endroit envers les journalistes et éclaire ceux que vous voulez mener au Ciel ?
 
Heureusement, et pour l’honneur de l’homme, notre Seigneur eut les saintes femmes pour l’accompagner au Calvaire. Il en est de même aujourd’hui quand c’est une Anne Coffinier qui doit vous rappeler les attentes du peuple, les exigences des pauvres et des petits dans leur droit d’être instruits sainement !
 
Alors je joindrai ma voix, en vous criant d’oser parler, d’oser aller à Calais, de bénir ces foules d’immigrants – que vous n’auriez pas vues jusqu’àlors. De baptiser ceux qui le veulent. Soyez un saint Remi, Monseigneur. Un saint Remi ! Pas moins. « N’ayez pas peur » d’évangéliser. Mais évangéliser pour de vrai, en laissant le diable pousser ses cris d’orfraie.

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