Dans une tribune libre de l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, généralement sérieux et bien informé, du 5 mars 2015, Haroon Malik, ancien élève de Sciences Po et étudiant à la Faculté libre de droit de Paris, émet à propos de la nécessité d’ « imposer une structure à l’islam en France », un certain nombre d’affirmations étranges.

En affirmant que l’islam “vise à régir l’ensemble de la société, exactement comme le christianisme et le judaïsme” M. Malik semble méconnaître la distinction des pouvoirs -“Rendez à César ce qui est à césar et à Dieu ce qui est à Dieu”- qui est une des originalités majeures du christianisme. En effet dans le catholicisme, le chef temporel n’est pas un chef religieux et inversement; cette distinction est étrangère à l’Islam qui est, par nature, une théocratie.

De même M. Malik croit que “c’est Napoléon Bonaparte qui entama l’œuvre d’affirmation du rôle et du droit de regard de l’Etat en matière de cultes”. En fait depuis Philippe le Bel et les légistes du XIIIe siècle, le pouvoir politique en France a entamé une inexorable marche devant permettre à l’Etat d’assurer une main mise croissante sur l’Eglise. Les étapes de ce développement sont la Pragmatique Sanction de Bourges de 1438 qui permet au roi de France de « recommander » des candidats aux électeurs des évêques et des abbés, le concordat de Bologne de 1516 qui accorde au roi de France le pouvoir de nommer les évêques et les abbés et enfin la constitution civile du clergé du 12 juillet 1790 qui crée une église nationale indépendante de Rome. (cf. La conférence Les origines de la laïcité de Philippe le Bel à la Constitution civile du Clergé par Franck Bouscau in Le piège de la laïcité – Renaissance catholique).

L’affirmation selon laquelle le “message de l’islam (est) fondamentalement axé sur les droits de l’homme” mériterait une démonstration que nous attendons tous avec impatience.

Haroon Malik décrète ensuite, au nom d’une autorité magistérielle dont l’origine reste à préciser, que : « Le problème majeur de l’islam, dans le monde entier, est qu’aucun pays et aucune société s’en réclamant ne le comprend réellement et ne l’applique concrètement ». Pour être franc je n’en sais rien mais je suis ébloui qu’un jeune homme qui n’a sans doute pas trente ans au vu de son cursus d’études sache, lui, ce qu’est le vrai islam.

Enfin en évoquant “la paix civile entre musulmans et juifs à Médine”, Haroon Malik fait l’impasse sur le massacre par Mahomet de tous les mâles de la tribu juive des Banu Qurayza.

Face à de telles « approximations » chacun peut s’interroger sur le niveau réel d’une école comme Sciences Po à moins que M. Malik ne cherche à tromper ses lecteurs, usant de la fameuse taqiya –l’art de la dissimulation- ce qui serait encore plus grave et laisserait penser que notre problème n’est pas uniquement l’islamisme mais l’islam en tant que tel.

15 mars 2015

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