Quelle place tiendra Viktor Orbán lors des élections européennes ?

Et si Viktor Orbán, l’actuel Premier ministre de Hongrie, était celui qui devait faire la pluie et le beau temps lors des prochaines échéances européennes ?

Discret, ou plutôt médiatiquement conspué en Europe de l’Ouest, à cause d’une politique jugée par trop nationale par la caste bien-pensante, Viktor Orbán a acquis, ces dernières années, une influence de plus en plus dérangeante pour la droite européenne.

Pourtant, depuis vingt-neuf ans, il est sans cesse réélu député. Depuis quinze ans, il tient solidement les rênes de son parti, le Fidesz. Depuis neuf années consécutives, désormais, il est le Premier ministre des Hongrois, remportant même 48,53 % des voix lors des dernières élections législatives de 2018. Qui, en Europe, peut prétendre jouir d’un tel succès et d’une si belle notoriété ? Pour l’heure, seul le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur italien peut s’enorgueillir d’une popularité comparable, puisque 70 % des Italiens lui font confiance sur sa politique migratoire, mais il est trop fraîchement arrivé sur le devant de la scène politique pour rivaliser sérieusement.

Le test des prochaines élections européennes pourrait, pourtant, tourner à l’avantage du duo Orbán-Salvini et, surtout, Viktor Orbán serait en capacité d’imposer sa propre cadence.

En mauvaises positions dans les sondages, l’ensemble des treize partis de droite composant le Parti populaire européen (PPE) pourraient perdre de nombreux sièges dans la prochaine législature siégeant au Parlement européen. Pourtant, comme le résume justement la journaliste Anne-Sophie Mercier, le PPE est la seule formation politique à détenir tous les pouvoirs, de Strasbourg à Bruxelles. Aussi, pour l’heure, seul le Fidesz de Viktor Orbán, membre du PPE, pourrait limiter les dégâts à droite en apportant de précieux sièges à ses partenaires.

Dès lors, pourquoi est-ce que Viktor Orbán ne songerait-il pas, sérieusement, à avancer ses pions et à proposer ses propres candidats pour les principaux postes européens, notamment pour la présidence de la Commission européenne ? Fort de son groupe de députés, le Premier ministre hongrois serait à même de dominer un PPE sorti affaibli du scrutin de mai prochain.

Face à cette réalité qui semble se profiler, la seule solution pour les adversaires d’Orbán au sein du PPE serait de l’en exclure. Une solution sérieusement envisagée par Manfred Weber, eurodéputé allemand, d’ores et déjà pressenti pour remplacer Jean-Claude Juncker.

Tout cela reste encore du registre de l’hypothèse. Toutefois, il est à espérer que les jeux d’appareil cèdent face la colère des peuples européens et que M. Orbán puisse enfin incarner cette figure populaire du renouveau espéré.

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