innove. Complètement désappointée face à trois projets d’affiche insipides à souhait, NKM a préféré s’en remettre à l’avis des internautes. Faute de voter pour la candidate, les Parisiens vont donc pouvoir désigner leur photo favorite. Viendra ensuite le temps de choisir le plus beau tailleur, le chignon le plus époustouflant, le foulard, le maquillage, puis apothéose de l’opération avec une ultime question en quadrichromie sur les murs de Paris : que dois-je penser ?

1) Rien du tout
2) À ma carrière
3) À mon avenir politique
(rayer les mentions inutiles)

NKM n’est pas une femme compliquée. L’internaute vote, elle s’exécute. Me préférez-vous de droite ? De gauche ? Sur l’affiche ? Entre l’affiche et le mur ? Habillée ? Nue ? Enfin une candidate ouverte à toutes propositions sans que le client ne risque de se faire verbaliser. Il était temps.

La nature des affiches proposées mérite le détour. Parfaite révélation du désert idéologique dans lequel se promène l’ex-futur éliminée de la mairie de Paris, les trois photographies ne dégagent ni état d’esprit, ni projet. Trois clichés d’une banalité accablante qui en réalité ne développent qu’une seule et même vague idée de supposée proximité avec les Parisiens. Une candidate si simple, pas bêcheuse pour un sou… Sacré projet !

Une volonté de démonstration de spontanéité qui noie la candidate parmi d’autres personnages et la ramène à l’état de passante très ordinaire. Pour bien conférer à l’ensemble une garantie d’anonymat intégral, seuls les noms des photographes figurent sur les trois propositions. Dans les bureaux de vote, les Parisiens distraits chercheront donc désespérément les bulletins de Kevin Cohen, Christine Godeau et Marianne Waquier, les auteurs des clichés offerts en pâture à la sagacité des électeurs.

Les Parisiens auront-ils envie d’installer à la direction de la capitale un maire pas foutu de choisir sa propre affiche ? Une décisionnaire incapable de concrétiser visuellement son message politique autrement qu’au travers de trois images évasives et sans aucune personnalité ? Attend-on d’un représentant de l’autorité publique qu’il tergiverse, hésite et se plonge dans des abîmes de perplexité pour de telles frivolités ? La réponse est dans la question.

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