Que faire des djihadistes qui rentreront au bercail ? Impressionnante, la variété des réponses récoltées dans cette sorte de boîte à idées que l’on nous vide à longueur de journée sur ce sujet ! Un vrai concours Lépine qui propose une gamme très étendue de mesures allant, en gros, du supplice de la roue avec exposition sur nos fameux ronds-points à des séjours chez Euro Disney pour se réadapter à notre belle société de consommation.

Les politiques ne sont pas en reste. Ceux qui n’ont aucune chance d’accéder au pouvoir se défoulent à loisir. Ceux qui ont un espoir de décrocher la timbale électorale ne se gênent pas non plus car, de toute façon, on sait ce que valent les promesses. Quant à ceux qui nous gouvernent, ou tout du moins font semblant, ils sont moins flamboyants, dirons-nous.

Le doux Bernard Cazeneuve ratiocine et jargonne de sa voix de robin bien élevé sur le cas de notre assassin (présumé, selon la formule consacrée) du bocage comme s’il s’agissait d’une infraction au Code la route. On en tremble sans doute en certains écarts de Syrie, autant que dans beaucoup de nos quartiers où la République est reçue à coups de boules de pétanque ! Certes, il condamne avec-la-plus-grande-fermeté, selon une autre formule consacrée, les actes commis par nos expatriés très spéciaux, notamment lorsqu’ils sont criminels. Condamner un acte, c’est une figure imposée dans laquelle excellent nos politiques.

Le citoyen, lui, moins conceptuel, attend d’abord que la force publique aux mains de ces mêmes politiques agisse et ensuite que la justice condamne, non pas les actes mais les acteurs ; ce qui est plus compliqué, on en conviendra. Au passage, on peut du reste se demander si la condamnation des actes n’est pas d’autant plus forte que la volonté politique est faible…

Mais revenons à la question initiale. Dans l’état actuel de l’arsenal juridique qui, il faut le reconnaître, a été renforcé ces dernières années, notamment autour de la notion d’association avec une entreprise terroriste, la réponse est en théorie assez simple. Si des preuves suffisantes sont rassemblées – ce qui n’est pas gagné –, des poursuites seront lancées et la machine judiciaire se mettra en route : mises en examen, procès durant lesquels on trouvera bien des défenseurs pour comparer nos djihadistes à ceux qui partaient combattre Franco ou d’autres encore pour plaider l’immaturité, que sais-je encore. Des peines seront éventuellement prononcées et elles seront appliquées avec la rigueur des errements en vigueur…

L’état juridique de guerre avait un côté pratique indéniable : le Français qui combattait au côté de nos ennemis s’appelait un traître, un point c’est tout. Nos pays occidentaux proclament volontiers qu’ils sont en guerre contre le terrorisme et n’hésitent pas à le frapper sur ses bases lointaines mais, depuis longtemps, ils ne déclarent plus la guerre. Nos djihadistes ne sont donc pas des traîtres et c’est bien fâcheux, ni des ennemis car citoyens français. C’est peut-être pour cela, d’ailleurs, que certaines bonnes âmes nous suggèrent de les considérer comme des victimes. Nos gouvernants impudiques qui se prennent pour Clemenceau devraient se rappeler la phrase du Tigre : « Je fais la guerre. » Lui aurait certainement su quoi faire d’eux.

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