Tel qu’en lui-même, c’est-à-dire incapable de choisir, François Hollande a pris le lot : quatre résistants panthéonisables pour le prix d’un. Deux fois deux, hommes et femmes, c’est mieux. Soit « quatre grandes figures de la Seconde Guerre mondiale » : Germaine Tillion, ethnologue et résistante ; Geneviève de Gaulle-Anthonioz, ancienne présidente de ATD Quart Monde, résistante et déportée ; le journaliste Pierre Brossolette, résistant lui aussi ; et enfin Jean Zay, homme politique assassiné en juin 1944 par des miliciens, dont les noms fleurissent au coin des rues comme au fronton de bien des lycées.

On ne discutera pas la valeur des élus, tous brevetés héroïques. Et s’il y eut parmi eux des chantres de Staline et des chantres de la laïcité, on n’a pas hésité ce matin à nous dire que madame de Gaulle fut une sainte.

On peut, en revanche, s’interroger sur le sens de ce tir groupé, ce quarteron de résistants dont le « transfert des cendres » (mais au fait, sont-ils en cendres ?) a été annoncé par le président Hollande au cours d’une cérémonie d’hommage au mont Valérien.

Pour le nombre, donc, nous avons avancé une explication qui vaut ce qu’elle vaut : notre président est maladivement incapable de choisir, pas plus entre ses maîtresses qu’entre ses ministres ou les options politiques qui s’offrent à lui. Il a donc pris le paquet qu’on lui tendait. Mais pourquoi quatre résistants ?

Pourquoi toujours la Seconde Guerre mondiale, comme si la buttait sur cet horizon indépassable ?

N’y a-t-il pas de grands talents parmi nos morts, des hommes (homo hominis, ce qui inclut aussi les femmes, je le précise) de lettres, de science, des mathématiciens ou des médecins, des musiciens, des peintres, que sais-je encore… mais d’autres figures que celles qui nous ramènent, encore et toujours, « aux heures les plus sombres de notre histoire » ?

J’ai interrogé quelques jeunes aujourd’hui. Pas de ceux qu’on emmène en rang par deux aux cérémonies officielles. Non, des jeunes propres sur eux, instruits, diplômés. Des trentenaires, entre la sortie du boulot et le restaurant d’entreprise.

Les résistants au Panthéon ? Franchement, ils s’en foutent comme de leur première Pampers. Alors, imaginer qu’ils puissent s’identifier à ces figures-là, les prendre pour modèls, c’est tout simplement impensable.

Et la Seconde Guerre mondial, alors ? Réponse unanime : « Ça nous saoule ! », « ras le bol ! », « y en a marre, on ne pourrait pas parler d’autre chose, pour une fois ? »

C’est vrai : si l’on chantait la vie au lieu de toujours se flageller et raviver les plaies ? La s’en porterait peut-être mieux.

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22 février 2014

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