Je me souviens d’un certain coup de boule de Zidane, en plein match de finale de la Coupe du monde, et des critiques virulentes dont il avait fait l’objet. Effectivement, même si l’adversaire italien Materazzi avait osé parler vulgairement de sa mère (ou sa sœur), quand on joue pour son pays, on joue, et on se comporte sportivement sur le terrain. Avec dix ans de recul, on s’aperçoit que cet épisode n’a pas fait de tort à Zidane, une statue en bronze illustrant l’événement a même été sculptée et exposée à Beaubourg en 2012. Indulgence due à un grand champion.

Quand Zlatan, énervé, se lâche après le match en exprimant vulgairement sa colère contre l’arbitre et en assimilant notre pays tout entier à la « m… » qui probablement, à ce moment-là, lui englue et lui obscurcit l’esprit, tollé magnifique, unanimité des et des politiques pour se sentir offensés par cet « outrage » fait à la France. Presque un blasphème !

Le problème, c’est que l’on attend de nos « stars » qu’elles soient des modèles. Nos footballeurs ne sont rien d’autre que des joueurs de foot et ne devraient même pas avoir de micros tendus devant la bouche. En revanche, s’ils s’expriment avec intelligence et peuvent servir d’exemple à nos jeunes, par leur comportement et leur sens du dialogue, tant mieux, et servons-nous d’eux, bien sûr ! Mais, de grâce, cessons de nous trouver si surpris et choqués lorsque, spontanément, ils sortent ce qu’ils ont dans le crâne à un instant t, et qui ne reflétera peut-être même plus leur pensée cinq minutes plus tard.

Éduquons mieux nos jeunes, plutôt que d’essayer de protéger leurs chastes oreilles de ces honteux propos. Essayons de leur faire lire, écouter et apprécier des auteurs ou intellectuels qui s’expriment avec discernement et intelligence, plutôt que d’exiger des footballeurs un comportement et un langage parfaits, même en privé.

On le savait déjà : aucune mauvaise blague n’est plus possible, aucune opinion, aussi anodine soit-elle, n’est autorisée si elle peut tomber sous le coup de la discrimination ; aucune analyse de faits ne peut être menée si elle nécessite de distinguer des populations « minoritaires », surtout si la différence est « visible ». L’entraîneur Willy Sagnol qui avait eu le malheur de « déraper » en a fait les frais, ainsi que Laurent Blanc, enregistré à son insu en 2010.

Bientôt, probablement, le vocabulaire concernant « nos amies les bêtes » fera l’objet de recommandations, voire de diktat nouveaux : ainsi, traiter son propre animal de « sale bête », « âne bâté » et même « malin comme un singe » sera considéré comme propos insultants.

Eh bien, maintenant, sachons aussi qu’il n’est pas autorisé de critiquer la France, même en colère, ou avec humour !

18 mars 2015

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