Editoriaux - Religion - Société - Union Européenne - 28 septembre 2016

Quand Zemmour bouscule Versailles : “Nous sommes tous musulmans !”

Dans une salle feutrée versaillaise, remplie de ce qu’il faut de certitudes pour n’avoir plus à penser, je suis allée écouter Éric Zemmour. La salle est pleine, l’assistance, qui a la vie douce dans ce petit village gaulois, a l’impression de s’encanailler. Le chroniqueur est à la mode, ce qu’il faut d’audace pour aiguiser la curiosité, ce qu’il faut d’intelligence pour convaincre.

Zemmour attaque, à deux pas de la salle du Jeu de paume, par la “religion” des droits de l’homme à abolir d’urgence. Nos technocrates qui se cachent derrière les règles à géométrie variable de l’Union européenne. La preuve : le Danemark n’accepte pas d’immigration, la Hongrie refuse les migrants musulmans, et pourtant ces deux pays sont aussi dans l’Union européenne. Et la France ?

Et puis Zemmour attaque par là ou nous n’attendons que lui. L’islam. On ne pourra pas empêcher l’islam de croître, si nous continuons à nous noyer dans la « religion » des droits de l’homme.

En image, cela donne la déclaration du théologien Youssef al-Qardaoui, référence des Frères musulmans : “Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons ; avec nos lois coraniques, nous vous dominerons.”. En pratique, cela donne la décision du Conseil d’État de suspendre les arrêtés municipaux interdisant le burkini sur nos plages.

Le conseil d’État et ses funestes décisions rendues au nom d’une liberté individuelle devenue cheval de droit de l’islam.

Zemmour commence à faire du Zemmour et à bousculer. Les applaudissements sont mous.

Et puis le journaliste nous parle de sémantique : le mot “islamique”, en arabe, n’existe pas. C’est un distinguo subtil inventé par notre classe politico-médiatique pour nous faire admettre que l islamisme, c’est méchant, que l’islam, c’est gentil. Va pour le monde de Oui-oui.

L’islam est une “religion naturelle” : “Nous sommes tous musulmans”, ceux qui restent juifs ou chrétiens sont dévoyés et risquent la mort. Voilà qui parle à l’assemblée en majorité catholique.

Exemple : à la création du Conseil du culte musulman, Chevènement a demandé aux musulmans de convertir cette règle au nom de la liberté religieuse. Les musulmans ont refusé en bloc. Pas de conversion pour eux. Le destin de l’islam, affirme Zemmour, est de convertir le monde.

La France est terre d’islam parce qu’elle l’a déjà été jusqu’à Poitiers. L’auditoire subit un viol de pensée collectif, mais quelque chose leur dit que le bon sens est au cœur du raisonnement. C’est la force de Zemmour. Il capte l’attention. Repète que lui, le juif venu d’Algérie, s’appelle Éric parce que ses grands-parents ont commencé l’assimilation par un prénom français ; s’ensuivra l’intégration et puis l’amour infini de la France.

Zemmour risque gros, un garde du corps posté derrière lui nous le rappelle. Il assène pourtant : “Un islamiste est un musulman impatient.” “En islam, un martyr tue pour sa foi ; dans le christianisme, un martyr est celui qui meurt pour sa foi.”

Rappelle un sondage récent vite enterré : 29 % des musulmans de France placent la charia avant les lois de la république, dont une immense majorité de jeunes.

Et conclut sous forme de mise en garde : soit nous serons un peuple combatif et nous vivrons, soit nous serons endormis par des élites qui ont déjà pactisé avec le peuple arabo-musulman et nous seront remplacés.

L’éditorialiste a eu, ce soir, “le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté”.

L’assemblée est repartie sonnée.

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