Après chaque consultation électorale, depuis une quarantaine d’années, les observateurs constatent une érosion régulière de la participation citoyenne. Ils s’emploient activement, depuis, à rechercher les causes de cette dégradation… Comme le phénomène démographique ne saurait expliquer le déficit démocratique, il leur a bien fallu trouver une autre réponse à cette inquiétante question. Il semblerait qu’ils aient finalement trouvé.

Des exégètes avertis se sont attachés à analyser l’ensemble du discours électoral du gagnant de la dernière présidentielle et de le rapprocher de sa réalisation post-électorale. Tenez-vous bien ! Ils n’ont pu déceler, entre les deux, aucune corrélation sérieuse. Répétant l’opération, ils ont constaté que cette absence de relation n’était pas nouvelle et qu’au contraire elle n’avait fait qu’empirer depuis quarante ans. Tous, au PS comme au RPR ou à l’UMP, c’est-à-dire de Mitterrand à Chirac et à Sarkozy, ont été l’objet de la même carence, qu’ils ont au mieux justifiée d’une fatalité produite à « l’insu de leur plein gré » ou pas justifiée du tout puisque, cela étant du passé, ce qui comptait, de toute façon, était la prochaine élection.

Ainsi, les promesses n’auraient, dès lors, engagé que ceux qui y avaient cru… Et cela a fonctionné, quel qu’ait été le niveau de l’élection, qu’elle fût suprême ou seulement législative, voire municipale ou régionale. On a même vu des frères ennemis faire cause commune au détriment d’un troisième larron, empêcheur d’alterner entre soi, dans la grisaille du Nord mais aussi sous le soleil du Sud… L’électeur n’a qu’à voter, pour le reste on s’occupe de tout !

Ainsi, on peut remarquer que certains n’hésitent pas à justifier leur revirement par un argumentaire cohérent bien que d’une foi sur laquelle on est en droit de s’interroger. « J’avais promis de ne procéder à aucun cumul de mandat (mais ça, c’était avant) et, aujourd’hui, je renonce car je risquerais d’affaiblir mon parti. » Mon parti, la belle affaire ! Et la France, dans tout cela, qu’en fait-on ? Et la volonté des Français ?

Dans le même registre, l’ancien champion motocycliste et nouveau champion du discours à géométrie variable, un certain , est en train de battre tous les records de la duperie de bonne foi. Démissionnaire de son poste de député pour cause de cumul et conformément à un engagement de campagne, il vient de trouver le moyen de tenter d’entrer à l’Assemblée par la fenêtre (le 22 et le 29 mai prochains) après en être sorti par la porte. Il gardera la main sans avoir l’air de le faire.

Le moyen est simple… Encore fallait-il y songer. À la prochaine partielle destinée à pourvoir le poste dont il est démissionnaire, il se présentera… comme le suppléant d’une « jeunesse » novice et docile qui ne fera, n’en doutons pas, aucun obstacle à lui garder la place au chaud, si d’aventure… Mais, chut ! Ne soyons pas mauvaise langue et voyons !

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