« Quand on casse, on brûle, on agresse, où sont les revendications ? » : à quoi joue LFI dans les lycées ?
Tout est parti du lycée Saint-Exupéry de Créteil, dans le Val-de-Marne, où plusieurs postes d'enseignants n'étaient toujours pas pourvus à la rentrée. En une semaine, le mouvement a débordé très largement le cadre francilien : 61 établissements étaient concernés vendredi, 180 lundi, avec des actions recensées jusqu'à Marseille, Lille, Sedan et dans les Alpes-Maritimes. L'Union syndicale lycéenne (USL), première organisation du secteur, a appelé à un blocage généralisé « dans tous les lycées » mardi 29 septembre, profitant de la journée de mobilisation dans la fonction publique. « On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Île-de-France, parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire », justifie son président, Ryad Rani. Rapidement, le mouvement a dépassé les revendications scolaires à l'origine de sa mobilisation. « Les lycéens peuvent avoir des revendications légitimes, mais elles ont totalement été récupérées par des groupuscules d'extrême gauche, et surtout par La France insoumise », estime Baptiste Gili, délégué national de l'UNI joint par BV.
Lundi matin, Jean-Luc Mélenchon a accusé, sur X, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, d'avoir « ordonné la répression », dénonçant une « férocité irresponsable » teintée d'un « arrière-goût raciste évident », avant d'appeler ses troupes à « s'interposer partout où elles le pouvaient » pour défendre ceux qu’il désigne comme des « lycéens inoffensifs ». Sébastien Lecornu n'a pas manqué de répliquer : « Votre accusation de racisme est une insulte. Racialiser un débat sur la sécurité des élèves, c'est ajouter de la division », a-t-il rétorqué, citant une lycéenne blessée à l'acide chlorhydrique, des incendies et des tirs de mortier, avant de demander frontalement au leader insoumis : « Condamnez-vous ces violences, oui ou non ? »
Des « lycéens inoffensifs », vraiment ?
Sur le terrain, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait état de 164 interpellations pour la seule journée de lundi, un chiffre qu'il a jugé « assez significatif », évoquant des scènes qui « s'apparentaient beaucoup plus à des violences urbaines » qu'à une contestation classique : « Ce n'était pas de la revendication, c'était vraiment de la violence à l'état pur. » Douze membres des forces de l'ordre, une douzaine de lycéens et huit personnels de l'Éducation nationale, dont trois chefs d'établissement, ont été blessés. Ce mardi, le ministère de l’Éducation nationale recense 40 interpellations, 10 blessés et 338 établissements concernés par les manifestations et les blocages.
Certains ont des revendications. La plupart ne veulent simplement pas aller en cours et profitent de la situation pour mettre le boxon. Quoi qu’il en soit, ils sont poussés et encouragés par LFI à commettre ces violences ! 🔥 https://t.co/EGphQI1yGu
— UNI (@droiteuniv) September 29, 2026
À ce sujet — Blocus de lycées, tirs de mortiers : LFI à la manœuvre pour soulever une certaine jeunesse ?
Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a pour sa part distingué des revendications « tout à fait légitimes » : classes surchargées, professeurs non remplacés, locaux délabrés, de l'action de « personnes violentes qui arrivent cagoulées avec palettes et matelas », signant avec Laurent Nuñez un télégramme commun autorisant l'intervention des forces de l'ordre en cas de blocage total. L'UNI conteste également l'idée d'un mouvement uniquement porté par les lycéens eux-mêmes. « On a énormément de témoignages de lycéens qui disent qu'il y a des gens extérieurs au lycée qui sont venus les aider, et ces gens-là, ce sont justement des membres de ces groupuscules qui sont formés à bloquer, à dégrader, à agresser, à brûler. Quand vous faites ça, où sont les revendications ? », avance Baptiste Gili. Sur France Info, Manès Nadel (porte-parole de @generationedr, collectif contre l'islamophobie, et co-fondateur et ancien président de l'Union syndicale lycéenne) a, lui, dénoncé une répression qui aurait « des dimensions raciste et classiste évidentes », jugeant « inique » la circulaire demandant aux établissements de faire débloquer les lycées par la police. Une analyse que Baptiste Gili rejette catégoriquement : « La répression n'est pas raciste, c'est juste du maintien de l'ordre classique. »
LFI instrumentalise la jeunesse
Le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a dénoncé, sur X, une « stratégie de conflictualisation politique » qui n'a « pas à instrumentaliser » la jeunesse, pointant un incendie survenu au lycée Aimé-Césaire de Lille. Dans une tribune au Point, la présidente d'Île-de-France Valérie Pécresse a accusé LFI de transformer les lycéens en « chair à canon électorale », charge qui lui a valu d'être qualifiée de « Mme Raciste » par le député insoumis Louis Boyard, premier soutien politique du mouvement dès son apparition à Créteil, ce qui a conduit l'élue à saisir la Justice pour injures.
À Saint-Denis, le maire LFI Bally Bagayoko, acclamé par des lycéens ayant entonné la Marseillaise à ses côtés, a qualifié d'« irresponsable » l'attitude du Premier ministre, tout en démentant fermement toute instrumentalisation : « Ce sont des jeunes qui sont parfaitement conscientisés, ils n'ont pas besoin d'être instrumentalisés. » Sur RMC, ce mardi matin, Valérie Pécresse l’a accusé de ne pas préciser qu’un plan de 45 millions d’euros de rénovations est en cours devant le lycée Paul-Éluard, là où le maire de Saint-Denis célébrait le blocage avec les élèves.
Pour Baptiste Gili, le rôle des élus insoumis ne se limite pas au soutien politique. « La France insoumise, par le biais de ses élus, a récupéré ces mobilisations, les a poussées. Bali Bagayoko en vient à légitimer la violence politique, c'est absolument inacceptable pour un élu de la République », affirme-t-il, estimant que « les revendications initiales sont totalement mises de côté au profit de ce dessein politique qu'a La France insoumise d'un soulèvement populaire et de désobéissance civile ».
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89 commentaires
ces jeunes d’aujourd’hui qui font le bordel aujourd’hui pour ce qu’ils considèrent comme important, feraient mieux de se poser des questions sur leur prochaine vie d’adulte.
wesh wesh ki cest ki va payer la dette et le fruit de leurs conneries actuelles et pendant combien de temps wala..wala..
Des enseignants agressés, un proviseur, insulté, plus tout ce que l’on ne voit pas que la profession subit et à qui on demande de ne pas faire de vagues, il manque à l’éducation nationale 4000 enseignants pour des postes non pourvus, c’est une profession que beaucoup fuient, qui voudrait enseigner en risquant sa vie. Tant qu’il n y aura pas d’autorité et de sanctions automatiques envers l’élève récalcitrant et ses parents, il y aura encore beaucoup de manifestations à venir, un vivier pour LFI.
Ne jamais oublier que LFI ne se préoccupe pas plus des revendications (éventuelles : je ne suis pas sûr que tous sachent pourquoi ils sont dans la rue – ça leur évite surtout d’aller en cours …) des lycéens (qu’elle laissera choir dès qu’ils ne lui seront plus d’aucune utilité, que les lycéens en soient bien conscients) qu’elle ne se préoccupait de celles des gilets jaunes dont elle a récupéré les manifestations avec force black blocs après avoir trouvé ce mouvement ridicule et inutile (sans doute pcq il était trop pacifique et non violent). L’objzctif de LFI est purement tactique dans les deux cas : il s’agit exclusivement de semer le chaos et de crier en boucle ses slogans (notamment contre la police). Tout ça c’est de l’opportunisme pur à la mode troskyste avec l’objectif éventuel de récupérer qq voix au passage. Mais ils ne convainquent plus que des déjà convaincus et il me semble même qu’à vouloir trop en faire ça pourrait bien se retourner contre eux. Espérons le du moins, ça ne fera qu’affaiblir le score de M. Mélenchon au 1er tour, ce qui serait une excellente nouvelle. Même s’il ne faut pas négliger la probabilité, qui ne me semble pas négligeable du tout, qu’ils organisent un 3ème tour dans la rue.
Absence d’autorité et désengagement de l’état sont les principaux responsables de ce malaise. Ensuite, les syndicats politisés, et le laxisme de bien des enseignants, qui pensent que le copinage est bien pour la communication enseignants apprenants.
Si ces principes peuvent s’appliquer avec des adultes, il »en est pas de même avec des enfants, ou ado. Ces jeunes n’ont plus de repères, et leur seul référent est le téléphone portable et toutes ses applications nocives.
Pour redonner sa noblesse à l’éducation Nationale, il faut revenir à des notions pragmatiques d’autorité, de respect, et de gestion bien encadrée par l’état, avec ses contrôles. Il ne s’agit pas de flicage, mais de parvenir à des résultats positifs. Ne pas oublier que l’enseignement est gratuit ! Rien que pour cette raison, la scolarité devait être exemplaire dans les comportements des uns et des autres (apprenants, Enseignants, Parents, et institution).
Cela ressemble fort à un petit entraînement de ce qu’il va se produire en Mai 2027… Souvenons-nous de l’élection présidentielle de 2002, lorsque JM Le Pen était parvenu au deuxième tour. Toute la gauche a entraîné les lycéens et les collégiens dans les rues, dans des manifestations énormes. Voilà ce qui nous attend l’an prochain.