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Editoriaux - Politique - Supplément - 21 septembre 2013

Quand Marisol Touraine nous prend pour des buses…

Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, il est beaucoup question d’oiseaux que l’on plume : pigeons, moineaux, dindons, etc.

Sur BFMTV, c’est une vraie prouesse qu’accomplit , championne du monde de la langue de bois, capable d’énoncer les contre-vérités les plus criantes, sans quitter un ton péremptoire que Bourdin lui-même n’est pas parvenu à démonter. La méthode mérite l’analyse : d’abord, c’est « thème et variation », l’art de dire une chose sans la dire, mais de plusieurs façons. L’année prochaine, ce sera une « quasi-stabilité fiscale » ou une « légère » augmentation des prélèvements ou encore « un effort mesuré ».

Ensuite, la main sur le cœur, on passe à la justification éthique. La pression fiscale est concentrée pour assurer la protection sociale dans le cadre d’une politique visant à « rétablir les comptes publics, la croissance et l’emploi », objectifs dont on ne se rapproche nullement, mais la ministre n’en a cure. Elle en est déjà au mensonge chiffré, précis, sérieux en un mot : le budget 2014 comprendra 18 milliards d’efforts, dont 15 d’économies et 3 petits milliards de recettes supplémentaires, dont 2 produits par la chasse à la fraude. Il ne reste donc qu’un minuscule milliard à demander aux Français. Pensez donc : pour un salarié au SMIC, 2 euros par mois. Non, les vrais chiffres qui ne s’appuient pas sur une chasse incertaine, c’est 12, 5 milliards en plus pour 2014 !

Lorsqu’elle aborde plus spécifiquement les domaines de son ministère, Mme Touraine use de la même méthode. « Les comptes sont maîtrisés » signifie : le déficit est maintenu à 18 milliards, malgré 6 milliards d’économies réalisées sur le dos des patients, des médecins et des laboratoires. Les entreprises sont appelées à financer le compte « pénibilité », mais elles vont bénéficier du transfert du coût de la politique familiale. Celle-ci est la principale victime : 2,7 milliards pour les économies, 1 milliard pour l’allégement du coût du travail. Pas tout à fait, car l’État va prendre en charge une partie de la pénibilité et le financement de la politique familiale… L’État, semble dire la ministre, c’est-à-dire « MOI » : admirez ma générosité, mon sens du devoir… L’État, nos impôts, notre déficit et notre dette, c’est-à-dire nos impôts de demain, a-t-on envie de lui crier ! Mais elle proclame alors qu’elle est soumise à un devoir de vérité. Cette affirmation est tellement énorme qu’elle nous laisse pantois.

Mme Touraine est une artiste. L’art est un « mentir vrai », disait Aragon. Lorsqu’on lui pose la question du poids de l’Aide médicale d’État qui fait supporter à 100 % les soins des résidents illégaux tandis que les Français sont remboursés à 50 ou 60 %, la ministre montre son talent : longuement, elle ne répond pas à la question et nous prend… pour des buses.

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