C’était en 2007-2008. La banque d’affaires Goldman Sachs se trouvait au cœur d’une gigantesque martingale financière qui allait provoquer la fameuse des « subprimes », entraînant la chute vertigineuse des marchés boursiers et, surtout, la ruine de nombreuses entreprises et particuliers intoxiqués par des produits financiers spéculatifs à hauts risques. En 2010, la presse américaine accuse cette dernière d’avoir aidé le grec à truquer sa dette, notamment lors de son entrée dans la zone euro. En septembre 2011, le gouvernement des États-Unis décide de poursuivre judiciairement Goldman Sachs pour son rôle dans la crise.

Octobre 2014, José Manuel Barroso passe la main au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission européenne, après dix ans de présidence opulente et dispendieuse – selon les services de la Commission, les frais de représentation du Portugais s’élevaient, par exemple, pour la seule année 2009, à 730.230 euros. Une paille.

En juillet dernier, notre apatride, habitué des cénacles de l’hyperclasse mondialisée (Bilderberg, Davos, Trilatérale, etc.) se fait embaucher comme conseiller par la banque d'investissement américaine… Goldman Sachs et accède à la présidence non exécutive de son conseil d’administration. Par surcroît avec la bénédiction de son successeur, qui estimait la démarche tout à fait légale, Barroso ayant respecté le délai réglementaire de 18 mois avant de pantoufler (Marianne, 26 septembre).

Aujourd’hui, la presse de Lisbonne dévoile que celui qui estimait que la France était un pays « réactionnaire » en raison de la défense farouche de son exception culturelle n’a jamais cessé d’entretenir des liens avec la banque new-yorkaise, tout au long de son mandat. On y apprend, entre autres, que « les dirigeants de Goldman Sachs faisaient parvenir au cabinet de Barroso, de manière confidentielle, des propositions sur des changements à apporter aux politiques de l'Union européenne » (Le Figaro, 25 septembre). En contrepartie, celui-ci n’hésitait pas à effectuer des visites régulières et secrètes au siège de la banque.

Le mélange des genres n’a jamais déplu à Barroso, qui avait même nommé son mentor, le politologue Dusan Sidjanski, « conseiller spécial » près la Commission, alors même qu’il était de notoriété publique que ce très proche de Denis de Rougemont (père du fédéralisme intégral européen) était également membre du groupe Latsis, groupe financier appartenant au milliardaire du même nom.

Il convient de ne pas se laisser abuser par les cris d’orfraie de la caste qui, à droite comme à gauche, de Paris à Bruxelles, n’a d’autre objectif que de faire oublier à peu de frais le soutien réitéré et sans faille qu’elle a complaisamment et activement apporté à celui qui fut l’homme fort et incontesté de l’Union européenne durant des années.

Bien que s’étant rendue odieuse à la majorité des peuples européens, cette coterie de la connivence, ce syndic de la collusion s’accroche, telle une colonie de tiques assoiffées de sang, à ses prébendes et privilèges, tenant les nations en respect de leurs haïssables et étouffantes règlementations pour mieux les asservir à leur folle chimère de mondial.

Et puis, comme beaucoup, Barroso « est passé naturellement du maoïsme à la programmation néolibérale mondialiste. Après tout, les deux systèmes, qui se sont affrontés pendant soixante-dix ans, partagent la même foi scientiste dans l'économie et la même allergie viscérale à la démocratie » (Philippe de Villiers, Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, 2015).

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26 septembre 2016

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