Editoriaux - 22 mai 2016

Quand les Verts voient rouge

Décidément, rien ne va plus chez les Verts, qui cumulent les déconvenues depuis ces derniers jours : affaire de harcèlement sexuel pour Denis Baupin ; polémique sur la volonté de Jean-Vincent Placé de devenir réserviste citoyen au 13e RDP ; départ de six députés écolos vers le groupe PS de l’Assemblée nationale, avec pour conséquence de faire exploser le Groupe Verts au palais Bourbon… Voilà maintenant que le site Marianne.fr nous apprend que la moitié des élus nationaux écolos ne paient pas leur cotisation au parti Europe Écologie Les Verts (EELV) et que les comptes du parti sont dans le rouge !

Même s’il n’y a aucun lien de cause à effet entre les deux, la dette des mauvais payeurs s’élève toutefois à près de 60.000 euros : 11.600 euros pour le député François de Rugy qui, avant de quitter le parti (tout en siégeant au groupe Verts de l’Assemblée), n’a pas réglé ses arriérés de cotisations. Idem pour Jean-Vincent Placé, dont l’ardoise atteint 10.400 euros. Denis Baupin, qui a claqué la porte des Verts en avril dernier, n’a pas réglé ce qu’il doit : 2.600 euros. Même ceux qui portent encore (officiellement) les couleurs des Verts ne font pas mieux : Jean-Louis Roumégas, député de l’Hérault, doit plus de 10.000 euros au siège ; le député européen Yannick Jadot près de 3.000. Son compère, Pascal Durand, ancien secrétaire général du mouvement, n’a pas trouvé le moyen de payer ses 2.800 euros de dettes. La palme de la mauvaise foi et des oursins dans les poches revient à Eva Joly, jamais en reste pour donner des leçons de morale et de rigueur. L’ancienne candidate écolo à la présidentielle de 2012, aujourd’hui députée européenne, doit 3.300 euros au parti. Un vrai modèle de vertu, cette ancienne magistrate.

Toutes ces indélicatesses que certains contestent (Pascal Durand, notamment) alimentent un déficit grevé par la baisse du nombre d’adhérents. Aujourd’hui, ils n’atteindraient pas 5.000. Il manquerait ainsi plus d’un million et demi d’euros dans les caisses du parti, qui se retrouve dans une « position fragile », avoue Jean Desessard, le trésorier d’EELV.

Et comme s’il fallait en rajouter, les élus EELV de Paris pestent contre Anne Hidalgo qui a fait apposer sur la façade de l’hôtel de ville deux banderoles publicitaires pour l’Institut Klorane, l’une des marques des Laboratoires Pierre Fabre. « Encore une fois, des bâtiments publics, inscrits aux Monuments historiques, sont utilisés à des fins commerciales », s’indigne le groupe EELV. En ce moment, les Verts voient rouge partout ! Ils sont donc mûrs. Mais pour quoi faire ? Rallier le Front de gauche ? Le PS ? Disparaître ?

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