Le 6 janvier dernier, deux patrouilles de Mirage 2000 décollant de deux terrains de la métropole ont rejoint la base de Djibouti dans un raid de 6.000 km. Cette opération de projection rapide, baptisée Shaheen, était conduite par le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).

Pourquoi ce nom de baptême ? Est-ce en référence à une variété de faucon pèlerin, volatile le plus rapide du monde en piqué, ou au valeureux combattant arabe d’un jeu vidéo japonais, on ne le sait. Plus important est le déroulement de cet exercice montrant, s’il le fallait encore, la réactivité et la fluidité des opérations aériennes, avec des moyens de support restreints, mais pour autant très efficients.

En l’occurrence, et c’est l’objet de mon propos, il concrétise l’entente entre la France et le Royaume-Uni dans le domaine militaire. Car ce sont deux avions ravitailleurs de la Royal Air Force qui ont, par quatre fois, alimenté en vol les chasseurs tricolores. Deux Airbus MRTT – Multi Role Tanker Transport – ont assuré ces refuelings indispensables au succès de la mission. Free of charge, semble-t-il !

Nonobstant le Brexit et ses nouvelles contraintes et restrictions terrestres et maritimes, l’alliance en matière de défense entre nos deux pays demeure intacte et particulièrement forte. Plus que les tentatives européennes pourtant soutenues périodiquement par le Président Macron…

Il y a dix ans, Paris et Londres signaient les accords de Lancaster House instaurant une coopération originale sur le plan opérationnel, mais également industriel, avec des projets de développements en commun visant, en particulier, les armements.

Florence Parly et son homologue britannique Ben Wallace, en célébrant l’anniversaire le 2 novembre dernier, faisaient état d’un partenariat « puissant et profond » dans une déclaration rappelant le bilan positif de l’entente – cordiale 2.0 ? – dans les domaines de la sécurité commune mais aussi du nucléaire. Rappelons que les deux pays sont les seules puissances ayant cette capacité de dissuasion en Europe.

Le 29 octobre 2020, les présidents des quatre commissions chargées de la Défense des deux côtés de la Manche – Chambre des communes, Chambre des lords, Assemblée nationale et Sénat – s’étaient déjà déclarés « engagés pour maintenir un haut niveau d’ambition » lors d’une réunion par visioconférence. Réaffirmant que « la coopération de sécurité et de défense entre la France et le Royaume-Uni est plus nécessaire que jamais ».

By Jove, plus que jamais!

Mais alors, à propos, what is the powerful common threat ?

16 janvier 2021

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