Le Figaro du 14 février titre, sous la signature de Jean-Marie Guénois, « 20.000 fiancés rencontrent le pour la Saint-Valentin ». Suit un bel article sur la fête des amoureux et l’occasion donnée au Saint-Père de dialoguer avec eux sur l’engagement matrimonial.

J’ai toujours vu dans la Saint Valentin une opération commerciale 2, dans la veine des soldes, des fêtes de mères, pères, grand-mères, secrétaires et voisins, du nouvel an chinois, d’, du Carnaval, du Mardi gras, de la mi-carême, sans compter les fêtes chrétiennes recyclées en obligation de consommer, de bouffer et d’offrir des cadeaux à sa belle-mère. Avec, de surcroît, l’impression en la célébrant d’osciller entre le cucul plan-plan et le plan moins cucul… Il n’est qu’à voir la tenue de certains couples à leur table de .

Il est donc surprenant de voir le pape fêter — à sa manière — Saint Valentin, dont Guénois nous apprend au passage qu’ils s’agit de deux homonymes martyrisés ensemble, mais pas du tout amoureux ! Dommage pour les adeptes du mariage pour tous… Mais le Pape nous a habitué à des surprises.

Évidemment, ce n’est pas le jésuite François qui incitera ses auditeurs à se livrer aux joies du resto-métro-dodo ! Thème de la rencontre : « La joie du Oui pour toujours ». Un truc sérieux quoi ! Un défi difficile et une invitation à le relever.

Les couples qui respectent la règle de vie conjugale proposée par l’Église sont devenus l’exception. Peu de personnes en comprennent le bien fondé. Chacun peut apprécier la difficulté de la respecter dans une société hypersexualisée, qui promeut jetable et changement permanent. Faut-il s’étonner de la fragilité des couples qui se font, se déchirent et de défont au moindre coup de vent, lorsqu’il ne sont plus fondés que sur l’entente sexuelle ou, au mieux, sur un coup de foudre dont tous les vieux mariés nous diront qu’il n’a qu’un temps ? On ne construit pas un mur seulement de briques, posées au sol, il y faut du ciment et des fondations.

Ce que François propose à ces fiancés, c’est de prendre le temps — celui des fiançailles justement — de creuser les fondations. De dépasser le coup de foudre et d’acquérir les qualités nécessaires pour tenir l’engagement dans la durée. Toutes choses qui feraient éclater de rire dans les écoles de marketing, chez les publicitaires ou à . Mais toutes choses qui, au fil des années, maintiennent au cœur de la société des pôles de stabilité vers lesquels, comme par hasard, se retournent tous les déracinés qui aspirent à donner un peu plus de sens à une existence de girouette.

Il faut du courage à ces qui osent marcher à contre-courant. Dans vingt ou trente ans, sauf exception, sauf accident, la plupart seront toujours là, ensemble. On peut railler autant qu’on le veut l’Église, ses clercs et sa morale, il est difficile de ne pas voir dans cette rencontre une réaffirmation de la haute destinée de notre humanité, appelée à sortir des facilités matérielles pour se projeter vers le haut. Duc in altum ! Qui s’en plaindra ?

Notes:

  1. NDLR : En fait, le lien entre la Saint Valentin et l’amour est liée au personnage même de Valentin : avant d’être saint, c’était un prêtre romain du nom de Valentin vivant sous le règne de l’Empereur Claude II (IIIème S.apr-JC). Claude II, ayant des difficultés à recruter des soldats pour rejoindre ses légions, décida d’interdire le mariage pensant que la raison pour laquelle les romains refusaient de combattre était leur attachement à leurs femmes et foyers respectifs. Malgré les ordres de l’Empereur, Saint-Valentin continua pourtant de célébrer des mariages. Lorsque Claude II apprit l’existence de ces mariages secrets, il fit emprisonner Valentin, qui mourut martyr.
  2. NDLR : En fait, le lien entre la Saint Valentin et l’amour est liée au personnage même de Valentin : avant d’être saint, c’était un prêtre romain du nom de Valentin vivant sous le règne de l’Empereur Claude II (IIIème S.apr-JC). Claude II, ayant des difficultés à recruter des soldats pour rejoindre ses légions, décida d’interdire le mariage pensant que la raison pour laquelle les romains refusaient de combattre était leur attachement à leurs femmes et foyers respectifs. Malgré les ordres de l’Empereur, Saint-Valentin continua pourtant de célébrer des mariages. Lorsque Claude II apprit l’existence de ces mariages secrets, il fit emprisonner Valentin, qui mourut martyr.

14 février 2014

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