Quelle mouche a piqué madame le maire de Paris, Anne Hidalgo ? Interrogée par LCI le 8 mai sur ce qu’elle pensait de l’escapade orléanaise d’Emmanuel Macron, parti saluer Jeanne d’Arc, elle a répondu : « Les itinéraires des uns et des autres, les petites phrases, tout ça, j’en ai rien à battre. ».

Elle aurait pu être plus vulgaire mais s’en est bien abstenue. Elle inscrit sa sortie verbale dans les pas d’Édith Cresson qui, elle, n’en avait « rien à cirer », de la Bourse… La comparaison s’arrête là. Toujours est-il que son message a le mérite de la clarté ou presque… N’y aurait-il pas un ou des sous-entendu(s) ? La visite de Macron aux fêtes johanniques est-elle insignifiante ? Est-ce le parcours du ministre ou son franc-parler qui l’irrite ? Une jalousie ou un complexe pour celle (bientôt 57 ans) qui a quelques années de moins que Brigitte Trogneux (63 ans), l’épouse du ministre de l’Économie ?

Il y a sans doute un peu de « tout ça », parce que le jeune homme (38 ans) a mis moins de temps à parvenir au sommet que cette fille d’ouvrier électricien (et syndicaliste) d’origine espagnole. Parce que ce même jeune ministre brille au firmament des sondages et beaucoup lui voient un destin national. Selon le baromètre Elabe/Les Échos/Radio Classique, daté du 3 mai, recueille 63 % d’opinions positives auprès des sympathisants de droite et du centre, 45 % auprès de ceux de gauche et même 32 % auprès de ceux du FN...

Celui que Sapin surnomme affectueusement « le taré du troisième étage » et que d’autres, au gouvernement, appellent « Brutus » arrive à mieux braquer les feux des projecteurs médiatiques sur lui et il peut d’autant mieux s’affranchir des caciques du sérail qu’il n’en fait pas partie. Son franc-parler et ses idées trop libérales aux yeux de la rue de Solférino dérangent… Et si un Premier ministre et un chef d’État l’invitent à le faire revenir rapidement dans la ligne idéologique élyséenne et « matignonenne », ce recadrage ne lui fait ni chaud ni froid. Le jeune homme trace sa route, allant jusqu’à créer son propre parti : « En Marche ».

Cela étant, le parcours du jeune Macron n’enlève aucun mérite à Anne Hidalgo, qui peut se glorifier, outre d’une solide carrière d’inspectrice du travail, d’un beau parcours d’apparatchik au sein du PS et de la mairie de Paris. C’est là qu’elle a véritablement goûté aux joies des joutes politiques quand Bertrand Delanoë l’a nommée chargée de l'Égalité homme/femme et du Bureau des temps ! Avant de ronger son frein dans l’antichambre du poste de premier adjoint, sorte d’Iznogoud du calife Delanoë…

Malgré tout, on comprend mal la saillie verbale d’ envers Emmanuel Macron. Ce dernier ne peut en aucun cas faire d’ombre au maire de Paris, car tous les deux ne jouent pas dans la même catégorie. Surtout, Macron si haut placé et si sûr de lui ne devrait pas s’abaisser à répondre à l’édile parisienne…

8 mai 2016

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