D’après Gabrielle Cluzel, « la France qui meurt, qui se soulève : les titres dans la presse font de la surenchère »… et les titres dans Boulevard Voltaire aussi ! Pas un jour sans qu’un article n’insiste sur le fait que « nous sommes en guerre civile larvée », dixit Éric Zemmour. Ce constat, tout le monde est capable de le faire : « Même les préfets s’y mettent… », titre Dominique Jamet, préfets alarmés par « les ferments d’une éventuelle explosion sociale »… Le problème n’est donc pas le constat, mais la solution à y apporter.

Sur ce point, Dominique Jamet est d’un réalisme cru : « Le gouvernement et le Président sont protégés par des institutions qui ne sont pas sérieusement contestées. Ils sont protégés par le légitimisme des Français dont seule une infime minorité croit au Grand Soir ou au Grand renversement. » C’est bien là que se situe le problème, et donc la solution : personne ne remet en cause les institutions… et tout le monde croit encore à l’homme (ou la femme) providentiel(le) qui va nous sortir du marasme. Sarkozy nous a fait le coup en 2007 ; Hollande en 2012 ; à chaque fois, on se fait berner.

Certains s’en réjouissent en pensant que c’est bien la preuve de l’inefficacité de l’UMPS et, qu’à force, les gens vont se rendre compte qu’il faut mettre Marine Le Pen au pouvoir ; voilà donc la femme providentielle ! Mais, Éric Zemmour l’a rappelé, Einstein était visionnaire quand il affirmait : « On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés. » Il suffit de lire les penseurs de l’époque de la Révolution pour se rendre compte que la République mise en place par eux est par définition antidémocratique. Sieyès, un des plus célèbres, ose affirmer dans son discours du 7 septembre 1789 : « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »

Ceux qui hurlent à plus de démocratie ne voient donc pas la cause du problème. Continuer avec les institutions de la Ve République, c’est continuer à coup sûr la farce qui se répète à chaque élection et post-élection, et perpétuer les combines politiciennes qui minent la recherche du bien des Français. Je propose, avec Étienne Chouard, de mettre en place une vraie démocratie ; une démocratie à l’athénienne, où les représentants du peuple seraient tirés au sort. Je sais, cela vous paraît farfelu, et vous avez déjà plein d’objections ; mais, passé le choc de la découverte d’un système auquel on n’a jamais pensé parce qu’on ne nous en parle jamais, vous vous rendrez compte que c’est la solution. Et il n’y a pas d’objections pour lesquelles Étienne Chouard n’ait de réponses… Allez donc faire un tour sur son site !

27 novembre 2013

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