Interview réalisée par Baudouin de Saxel.

Wallerand de Saint-Just, trésorier national du Front national, réagit à l’appel visant à suspendre les dotations aux députés européens d’extrême . Museler l’opposition en la privant de financements, cela ressemble fort, pour lui, à du totalitarisme.

Plus d’un quart des députés européens appelle à la suspension du financement communautaire des partis et autres formations composées par les élus du Front national et leurs alliés européens. Quelle a été votre première réaction ?

Des apparatchiks, dans un bureau à Bruxelles, ont décidé que le Front national était un parti d’extrême droite qui bafouait les valeurs de l’. Le FN n’est pas un parti d’extrême droite au sens péjoratif auquel l’entend la médiatique. C’est un parti patriote et républicain qui défend les intérêts de la France et des Français. Depuis sa création par Jean-Marie le Pen, le parti n’a eu de cesse de respecter les lois de la et de s’organiser légalement pour se présenter à toutes les possibles. Personne n’a la légitimité de juger de la valeur d’un programme du moment qu’il n’enfreint pas la loi.

Cette décision est-elle justifiée par votre positionnement anti-européen ?

Nous sommes sanctionnés parce que nous voulons sortir de l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui. Mais nous avons toujours été favorables à la construction européenne. Seulement, ne pas être en accord avec la ligne prédéfinie justifie maintenant une sanction financière et bientôt, peut-être, la disparition pure et dure de l’opposition ? Finie la liberté d’expression ? Les députés de gauche sont persuadés de détenir la vérité et la morale. Pour les sauvegarder, ils sont prêts à éliminer leurs adversaires. Le totalitarisme n’est jamais loin. C’est presque le crime d’antisoviétisme de 1953 à Berlin Est !

Les financements communautaires sont possibles grâce aux contribuables européens, dont ceux du Front national. En vous atteignant, on atteint aussi vos électeurs ?

C’est ce qui me heurte le plus. En tirant à vue sur le Front national, on crache à la figure de 20 % du corps électoral français. 6,5 millions de Français sont humiliés et perpétuellement mis à l’écart. La prochaine étape, c’est quoi ? Va-t-on identifier les électeurs de Marine le Pen et les envoyer au goulag ? La persécution dont nous faisons l’objet n’est pas justifiée et ne fera que nous renforcer.

À en croire Hannes Swoboda, président du groupe socialiste au Parlement européen, un comité d’experts ad hoc va examiner cet appel et, selon lui, la réponse devrait être favorable. Envisagerez-vous de déposer un recours auprès de la Cour de européenne ?

On va utiliser tous les recours possibles et inimaginables pour dénoncer ce totalitarisme. Agir ainsi et s’appeler Swoboda est un comble quand on sait que cela signifie « liberté » en russe…

5 février 2013

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