Publiant un article sur le terrorisme, je tombe sur un entretien d’ sur Daech, paru le 1er avril sur Boulevard Voltaire. Voilà bien un auteur qui fut créatif ! Un bel esprit de droite, même s’il se laisse emporter par ses dadas anti-américain et pro-arabe… Stupeur ! En fait, son point de vue sur Daech et le terrorisme collectionne les idées problématiques, fragiles ou fausses.

Il postule une “énigme”, dévoilée par ce fin limier qu’est l’intellectuel, lui en l’occurrence. Daech ne serait ni un État ni un mouvement terroriste. En réalité, nul paradoxe, Daech est bien un État (levant l’impôt et assurant des soins hospitaliers) et un État terroriste (d’une sauvagerie sans limite).

Contre la notion de choc des civilisations, avance que les conflits auraient plutôt lieu au sein d’une même civilisation. Peut-être mais, pour le reste, c’est tout sauf une formule où chacun “met ce qu’il veut”… puisqu’elle est honnie et qu’il lui est dénié droit de cité ! Semblablement, ce n’est pas parce que les terroristes seraient démoniaques que l’on entend dire qu’ils n’auraient “rien à voir avec l’islam”… mais parce que c’est ce qu’exige le refrain padamalgam !

Quant à affirmer que l’ s’inscrit dans un contexte “totalement nouveau” par rapport à l’Histoire, c’est oublier qu’il nous désigne comme des croisés depuis Byzance. Les islamistes se présentent comme des résistants face à l’impérialisme occidental et recrutent dans nos pays des délinquants… tout simplement parce qu’il y a en circulation des délinquants désœuvrés et des armes inemployées. Pas la peine d’aller chercher une “violence sociale de droit commun” (que vient faire le terme “sociale” ?) freudiquement transformée en terrorisme selon le léniniste Alain Badiou.

soutient enfin : “Nous avons du mal à comprendre que des hommes veulent tuer et se faire tuer aussi vite que possible parce qu’ils pensent que c’est le moyen le plus sûr d’accéder au paradis.” Voilà bien une banalité débitée ! Une banalité que les élites répètent en boucle, parce qu’ils raisonnent comme des hommes de cabinet, in abstracto. L’idée d’une foi aveugle et nihiliste leur tient lieu d’explication.

Cette idée hollywoodienne et rassurante permet à “visage pâle” de comprendre “frère apache”, qu’une foi irrationnelle pousse à massacrer puis se faire massacrer. Se faire tuer aussi vite que possible ? Comme Lucky Luke tire plus vite que son ombre, et Bip Bip le coyote court plus vite que son ombre ? Il faut vraiment être un intellectuel parisien pour ne pas rechercher une meilleure explication.

En réalité, les terroristes islamistes ne sont pas des sortes de martiens, avides de se faire sauter le caisson. Dans la majorité des cas, ce ne sont pas des “human bombs” conditionnés à la Pavlov. Ils ne sont pas dépourvus de sensibilité. Ils ne sont pas dénués de peurs. Ils ont peur de la mort et du néant. Ils n’ont pas envie de quitter les leurs. Ils espèrent qu’ils vont miraculeusement s’en sortir. Ils veulent croire en leurs chances. Ils sont fanatiques et impitoyables, mais néanmoins traversés par des sentiments inhérents à la nature humaine. Ce sont des idéologues de type totalitaire.

3 avril 2016

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