Tandis qu’elle communie, comme il se doit, à l’instar de tout sujet britannique qui se respecte, dans ce grand moment d’unité nationale que représente l’ de la reine (événement dont la profondeur échappe à tout républicain oublieux de la dimension éminemment filiale, sinon familiale, de la ), Albion se voit entraîner dans une tourmente plutôt malvenue, à tout point de vue.

Accueillant le président américain en visite d’État, le a été aussitôt tancé par ce dernier qui, dans une tribune publiée dans le Daily Telegraph, vitupère le retrait envisagé du Royaume-Uni de l’ à l’occasion d’un référendum devant se tenir le 23 juin prochain.

Commençant par affirmer, de manière purement formelle, en guise de précaution oratoire, que, bien évidemment, “la question de savoir si, oui ou non, le Royaume-Uni doit demeurer dans l’Union européenne est une question qui concerne directement les électeurs britanniques, libres de décider pour eux-mêmes” (cela ne mange pas de pain, dirait le bon sens populaire) et manifestement conscient que sa visite soulève autant de “spéculations” que de “controverses” quant au moment choisi pour l’effectuer, le chef de la Maison-Blanche avertit, d’emblée, que “le résultat de votre décision est une question d’intérêt profond pour les États-Unis. Les dizaines de milliers d’Américains qui reposent dans les cimetières européens attestent à quel point notre prospérité et notre sécurité sont entremêlées. Et le chemin que vous choisissez maintenant pèsera dans les perspectives de la génération américaine d’aujourd’hui.”

La dernière phrase, lourde de menaces, signifie rien moins qu’un retrait de l’Union européenne pourrait avoir un impact profond sur la « relation spéciale » qu’entretiennent Washington et Londres.

Ces mots traduisent surtout l’inquiétude du leader américain qui, par ailleurs, ne souhaite aucunement ternir la fin de son mandat en quittant le Bureau ovale sous les huées et lazzis des néo-conservateurs comme de l’opposition républicaine. Quasiment guère repris par la presse « mainstream », un membre de phrase, aux allures sibyllines, éclaire, néanmoins, d’un jet de lumière crue l’angoisse présidentielle : “Et le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement avec l’Union européenne fera progresser nos valeurs et nos intérêts…”

Il n’est, pourtant, que de se rappeler le fameux discours sur l’état de l’Union du 12 février 2013 par lequel Barack Obama annonçait, haut et fort, le lancement d’une zone de libre-échange transatlantique.

Lors de sa pour l’investiture présidentielle, le même ne faisait déjà pas mystère de son intention de promouvoir “l’unité transatlantique” (Herald Tribune, 25 juillet 2008), inscrivant ses pas dans ceux de son prédécesseur Kennedy, voire de l’idéaliste Coudenhove-Kalergi.

Désireux de sauver le « soldat » Cameron, partisan, lui, d’un maintien de son pays dans l’Union européenne (mais captif d’une promesse à double détente émise en 2013 et conditionnée à sa réélection), le grand frère Obama n’en paraît donc pas moins concerné par une aventure qui pourrait se solder par l’échec (provisoire ?) de la mise en place d’un gouvernement mondial.

23 avril 2016

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