La campagne des régionales approche, avec en ligne de mire, celle de la présidentielle. En invitant la présidente du Front national, Marine le Pen, dans l'émission "Des paroles et des actes", la direction de France 2 pouvait difficilement ignorer le service qu'elle lui rendait, ni même celui qu'elle rendait par la même occasion à François Hollande, qui voit en elle un adversaire idéal pour 2017.

Comment ne pas comprendre qu'un tel traitement de faveur ait pu susciter de vives réactions de la part des deux autres principaux partis du pays, le Parti socialiste et Les Républicains ? Sauf qu'en l’occurrence, celle qui dirige le troisième parti de France a préféré, non sans malice, la publicité qu'elle s'est faite en claquant la porte des studios plutôt que celle que lui aurait procurée une énième prestation télévisée.

Même s'il est vrai que l'on peut comprendre les réactions suscitées par ce traitement de faveur, on ne peut s’empêcher de trouver paradoxal que Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Cambadélis s'en plaignent. Car il est de notoriété publique que ces deux personnalités politiques sont tombées dans la moralité quand ils étaient petits.

En effet, l'un comme l'autre sont tellement droits, de bonne foi, honnêtes et tellement attachés au respect des règles imposées par la morale sociale que le premier est toujours embourbé dans des affaires politico-financières et que le second a été condamné, en son temps, par la justice dans une affaire de gros sous. Ce sont ces deux individus qui se font aujourd'hui les porte-parole de l'équité ? On croit rêver.

Au-delà même de la moralité personnelle de ces deux personnes, il y a encore plus surprenant. En effet, tant Nicolas Sarkozy que Jean-Luc Mélenchon défendent aujourd'hui un principe que leurs partis respectifs n'ont pas hésité à piétiner depuis plusieurs décennies : celui du principe d'équité.

Car notre système politique nous offre, certes, une illusion de diversité démocratique mais, en vérité nous le savons bien, il se résume à un jeu de rôle entre l'ex-UMP et le PS. Un jeu de rôle parce qu’ils font constamment semblant de s'écharper sur des points de détails mais, en réalité, ils sont d'accord sur l'essentiel.

Aux commandes de l’État depuis des décennies, ces deux partis ont tout fait pour empêcher l’émergence de nouvelles formations. Avec plus ou moins de bonheur quand on constate les résultats du FN. Alors même qu’ils demandaient « au nom de l’équité » une participation élargie à "Des paroles et des actes", ni Jean-Christophe Cambadélis ni Nicolas Sarkozy n'ont semblé se préoccuper du sort du FN et des millions de Français qui votent pour lui, ni de celui des abstentionnistes. Triste réalité.

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1 novembre 2015

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